LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

La 1ère Journée luxembourgeoise du Droit de la Concurrence s’est tenue hier

Le Grand-Duché a deux ans pour transposer une directive européenne capitale: celle-ci concerne le droit de la concurrence, un domaine encore dans l’ombre mais qui peu à peu se met dans la lumière. Preuve en est hier à la Chambre de Commerce où près de 150 personnes ont participé à la 1ère Journée luxembourgeoise du Droit de la Concurrence. «Il y aura une deuxième édition vu le succès», a commenté le président de l’ALEDC, Gabriel Bleser. L’Association Luxembourgeoise pour l’Étude du Droit de la Concurrence entend informer les acteurs économiques luxembourgeois en matière de droit à la concurrence. Et vu le programme du nouveau gouvernement, mieux vaut prévenir que guérir, surtout pour les entreprises. L’action de groupe va en effet pouvoir être introduite. Son but? Lancer une action unique en justice à l’encontre d’une société pour la réparation de dommages individuels où celle-ci est en cause. Si cela amplifie la force de groupes de défense de consommateurs tels que l’Union Luxembourgeoise des Consommateurs (ULC), cela peut confronter les entreprises à des préjudices très élevés car les indemnités réclamées devraient être versées à l’ensemble des consommateurs lésés et pas uniquement ceux qui ont introduit une action en justice. «Il faut encore faire davantage de sensibilisation aux entreprises», plaide Gabriel Bleser qui a recensé une part plus élevée d’avocats et de juristes dans les rangs que de patrons de firmes. «Mais peut-être celles qui ont des problèmes ne veulent pas en débattre publiquement.»

Un booster au conseil juridique

Clairement, l’entrée en vigueur de ce nouveau cadre règlementaire ne va pas passer inaperçu au Luxembourg. Du risque de sanction présent aujourd’hui, on passera demain à un risque de dommages et intérêts. Il n’empêche, le changement ne devrait pas booster le nombre d’avocats spécialisés dans le droit de la concurrence, à en croire Gabriel Bleser. Par contre, ce dernier entrevoit davantage d’impact dans les conseils juridiques, qui devraient connaître une demande croissante dans les mois à venir. Bref, pour les entreprises, mieux vaut prévenir que guérir.

www.competitionassociation.lu