ESCH-SUR-ALZETTE
COLETTE MART

Regard sur l’exposition «Di raschtesch Joeren» de Lis Prüssen

Le pavillon du Centenaire/Arcelor-Mittal à Esch prête actuellement son cadre à une exposition qui touche autant à l’histoire qu’à la modernité, autant à l’émotion d’une époque révolue qu’aux défis et exigences de l’art moderne orienté, vers l’avenir.

Lis Prüssen, artiste eschoise, ayant connu dans sa jeunesse les sirènes des hauts fourneaux, les terres rouges, la tristesse et l’angoisse liée au déclin de la métropole du fer, nous montre des œuvres évoquant le passé sidérurgique du bassin minier.

Au sein de ces œuvres, elle travaille le matériel de tradition du sud du Luxembourg, à savoir le métal, en l’empreignant de compositions abstraites et modernes, aux titres nostalgiques. Ces titres sont empruntés à plusieurs langues, touchant à la symbolique du caractère cosmopolite de l’art, mais également à la multiculturalité du bassin minier, qui intègre des immigrants depuis 150 ans.

Les compositions, qui allient les thèmes de la rouille et du temps, associent les tons bruns et les bleus, touchent à des rêves, évoquent des métaphores, et font parfois transpercer les contours d’animaux ou de mains.

Parfois aussi, les œuvres évoquent des fantasmes comme par exemple celui d’être une île. L’hiver dans la forêt, les saisons, les couleurs des mois, les émotions liées à une lettre d’adieu, l’importance de lire entre les lignes sont d’autres thèmes abordés par Lis Prüssen.

Les œuvres de l’artiste eschoise font réfléchir, touchent à la nostalgie, mais contiennent aussi un message orienté vers l’avenir. Avec l’histoire que nous portons en nous, nous pouvons communiquer avec la société d’aujourd’hui ainsi qu’avec nos enfants, par la beauté époustouflante d’une œuvre d’art , qui constitue un pont entre le passé, le présent et l’avenir.

«Di raschtech Joeren» / Pavillon du Centenaire/Arcelor Mittal
à Esch du 14 juin au 7 juillet 2013.