LUXEMBOURG
CHRISTIAN SPIELMANN

Semaine du film italien au Ciné Belval: deux nouveautés et deux reprises d’Italie

C’est avec la première luxembourgeoise du film d’Ivano de Matteo «Gli Equilibristi» (Les équilibristes) que s’ouvrira ce soir à 19h30 la semaine du film italien au Ciné Belval, qui finira le 19 avril.

Émotions pures

«Gli Equilibristi» était en sélection du jury presse au Festival du Film Italien de Villerupt l’année passée et raconte d’une façon émouvante la chute de Giulio (Valerio Mastandrea), un employé qui a eu une courte aventure avec une collègue de travail. Sa femme Elena (Barbora Bobulova) ne peut lui pardonner son escapade et il est obligé de quitter le foyer. Une réelle descente aux enfers commence pour Giulio qui finit par dormir dans sa voiture, par manque d’argent. Le désespoir complet s’empare de lui. Ce formidable drame est porté par un Valerio Mastandrea superbe et ne laissera personne indifférent.

Mi comédie, mi drame

«È stato il figlio» (Mon père va me tuer) de Daniele Cipri est aussi connu par les cinéphiles de Villerupt où il était au programme en 2012. L’histoire du ferrailleur Nicola (Toni Servillo) qui se voit attribuer 220 millions de lires par l’État suivant la loi d’aide aux familles des victimes de la mafia se situe entre drame et comédie. L’argent qui lui est dû suite à l’assassinat par erreur de sa fille Serenella par la mafia se fait cependant attendre, tandis que tous les membres de la famille ont déjà planifié les dépenses de leurs parts. Toni Servillo est sans doute l’acteur le plus multifonctionnel d’Italie. Il sait jouer sans problèmes le président Giulio Andreotti dans «Il Divo» ou un petit gangster qui s’appelle «Gorbaciof». Son interprétation est à nouveau sublime et fait du film de Cipri une œuvre à voir.

Deux reprises

«Cesare deve morire» (César doit mourir) des frères Paolo et Vittorio Taviani a gagné l’Ours d’Or en 2012 à Berlin et six prix David di Donatello en Italie. Le film relate les répétitions des prisonniers dans la prison de Rebibbia à Rome pour la pièce Shakespeare «Jules César». En tant que film, cette œuvre est trop documentaire, et comme documentaire, il y a trop de fiction irréaliste. Il semble que ces prisonniers sont tous parfaits, apprennent leurs répliques en un temps record et sans lapsus dans leurs récitations. «Reality» de Matteo Garrone est une vision morose du monde médiatique napolitain. Au cours d’un mariage, Luciano (Aniello Arena) rencontre Enzo (Raffaele Ferrante), une star de la télé. Alors que l’équipe de l’émission d’Enzo vient à Naples, Luciano est empressé par sa famille de se présenter au casting. Quoique le film de Garrone a gagné le Prix du Jury à Cannes en 2012 et est d’actualité, il manque d’intérêt cinématographique.
Pour de plus amples informations, consultez le site du Ciné Belval www.cinebelval.lu