LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Un plan social a été annoncé hier sur le site luxembourgeois: un salarié sur cinq est concerné, soit 212 personnes

Beau «cadeau» de Noël. L’annonce est tombée hier par communiqué des trois syndicats Aleba/OGBL/LCGB: Clearstream Luxembourg vient de signer un plan social qui va toucher 212 employés sur les trois ans à venir. Le groupe Deutsche Börse, auquel appartient Clearstream, a annoncé en mai dernier vouloir supprimer plusieurs centaines d’emplois sur les sites de Francfort et Luxembourg. Certains postes seront délocalisés vers des sites moins coûteux comme Prague ou encore Cork, tandis que la société mère invoque des investissements lourds en terme de revirement technologique: blockchain, robots et autre clouds qui vont pouvoir «économiser» certaines équipes en place. Le tout malgré une santé économique florissante, puisque les syndicats rappellent que Deutsche Börse a réalisé 1,5 milliard de bénéfices.

Si les discussions ont lieu depuis des semaines, le calendrier, à quelques jours de Noël, est une malheureuse coïncidence, regrette Roberto Mendolia de l’Aleba: «C’est frustrant d’engager des discussions avec des personnes qui ne sont que des messagers. Au départ le budget alloué était moindre que pour le site de Francfort, nous nous sommes battus pour avoir la même chose. Au final, nous avons réussi à écarter quelques équipes qui étaient concernées, nous avons réussi à sauver 40 positions, soit entre 40 et 60 personnes».

La nouvelle n’a été dévoilée qu’hier aux employés du site

Le plan social est étalé sur les trois prochaines années, de quoi limiter les dégâts pour le syndicaliste qui espère d’ici là compter sur des départs en retraite, départs volontaires etc. «Au vu de la durée, nous pouvons donc nous attendre à que cela touche moins que les 212 personnes prévues», estime Roberto Mendolia.

La nouvelle n’a été dévoilée qu’hier aux employés du site, sachant que des informations plus précises ne seront données qu’aujourd’hui aux employés: «Nous avons communiqué sur l’ampleur du plan et les équipes qui seront impactées. Par exemple, sur une équipe de 20 personnes, 3,5 postes seront supprimés, cela peut concerner cinq personnes mais rien n’est fixé. Comme le plan va être étalé sur trois ans, je me demande comment certains vont garder leur motivation à travailler dans ces conditions», reconnaît le représentant de l’Aleba. Le plan social table sur une moitié de départs volontaires, l’autre moitié sera fixée sur une date de départ, endéans les trois ans.

Et c’est devenu malheureusement une habitude chez Clearstream: «Depuis la reprise du groupe Deutsche Börse depuis 2002, nous avons des vagues de licenciement tous les deux à trois ans. Les profils IT sont encore recherchés sur Luxembourg, mais les métiers opérationnels sont transférés à Prague et Cork. Pourtant, le nombre d’employés reste relativement stable, entre 950 et 1.100 ces dernières années». Un «Control Board» a été néanmoins mis en place. Composé paritairement de délégués du personnel et du Management, ce dernier a pour tâche de revoir toutes les mesures du plan social pour éviter le licenciement des employés concernés. Il sera ainsi possible d’échanger sa place avec quelqu’un qui souhaite partir, sous certaines conditions, et d’autres mesures pour retarder au maximum la rupture du contrat de travail