LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Le coaching en gestion de risque se développe en microfinance - exemple

Le constat vaut aussi bien pour les banques que les institutions de microfinance: «Qui fait des dépôts et des crédits doit gérer des risques», a souligné hier le directeur de la Gestion de risques à la Banque de Luxembourg, Patrick Felten. Il a planté le décor du 43ème Midi de la microfinance dédié au partage de l’expertise financière en gestion de risque.

Sur la scène de l’auditoire de la Banque de Luxembourg, Yombo Ordanou et Philippe Gérard ont partagé leur vécu. Le premier, directeur général de la Coopérative d’Epargne et de Crédit des Artisans (CECA) au Togo a été coaché par le second, un ancien banquier en Europe désormais consultant et enseignant en gestion des risques et finance en Afrique.

D’une rencontre à Luxembourgà deux ans de coaching

«La vie de coach n’est pas très simple», a-t-il admis à l’assemblée en racontant cette aventure. Tout commence en 2015 au Luxembourg, où les protagonistes se rencontrent dans le cadre de la Semaine africaine de la microfinance, à Luxembourg. Confrontée à une dégradation de son portefeuille, la CECA postule à l’appel d’offres pour bénéficier d’un coaching. Philippe Gérard entre alors en action mais pas seulement. «Le DG (directeur général, ndlr.) fait le plan d’action lui-même», détaille le consultant Ce dernier intervient en tant qu’interlocuteur qui participe et accompagne le responsable de l’IMF. Dans le cas du coaching de la CECA, deux années s’écoulent entre le début et la fin du processus. Une fois par mois en moyenne, les deux intervenants s‘échangent et font le point sur les avancées. Et les résultats sont plutôt encourageants: de 2015 à 2017, le taux des créances en souffrance a fondu de 68% et la part des créances en souffrance dans les encours de crédits a chuté de 60%. L’encours des dépôts a quant à lui gonflé de 15%, tandis que le crédit moyen a progressé de 14%. Quant au résultat net, il a été multiplié par 19 pour atteindre près de 69.000 euros.

Pour la CECA, les changements ont été nombreux, tant au niveau opérationnel que fonctionnel avec la création d’un département de gestion de crédit. A noter aussi que c’est la CECA qui a elle-même financé le plan d’action.

«On est en train de tester le coaching sur d’autres thèmes comme le financement de l’agriculture», a annoncé mercredi le conseiller à la direction de ADA, Luc Vandeweerd. Nul doute que ce mécanisme semble porteur sur le marché de la microfinance.


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