LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Luxembourg et Etats-Unis ont signé un accord dans le domaine spatial

Ils étaient tout sourire vendredi lors de la signature du Memorandum of understanding (MoU) entre le Secrétaire d’Etat américain au commerce, Wilbur Ross, et le ministre de l’Economie, Etienne Schneider. Une première entre Américains et Luxembourgeois dans le domaine spatial. Pour l’occasion le Secrétaire d’Etat américain au commerce a fait personnellement le déplacement au Grand-duché pour «reconnaître la valeur du marché spatial», a-t-il indiqué lors de la conférence de presse conjointe.

Tous les domaines sont concernés par cet accord qui va permettre de rendre les discussions entre les deux pays plus formelles, et surtout d’avoir une plateforme encadrée pour avancer sur un marché encore nouveau, mais où le Luxembourg a depuis plusieurs années avancé ses pions. C’est en effet le premier pays européen a avoir reconnu légalement l’utilisation des ressources spatiales, «le Luxembourg a reconnu le potentiel spatial bien avant les autres, ce qu’il a d’ailleurs montré avec l’exemple de la réussite de SES», a ajouté l’Américain.

Pour Etienne Schneider, féru de la première heure, cette signature est tout simplement un «moment historique entre les deux pays», ravi que l’officiel ait fait personnellement le déplacement, sous l’impulsion de l’ambassadeur américain, Randy Evans, très impliqué dans cette venue.

Le potentiel est énorme. «L’avenir dans l’espace est avant tout commercial. L’économie spatiale est un marché de trillions de dollars», estime le secrétaire d’Etat américain. Pour ce dernier, que soit de la recherche et développement, l’exploration, la régulation, l’observation terrestre, la sensibilisation à l’état de l’espace, la communication spatiale, les possibilités sont énormes et le MoU les couvre toutes: «je crois que nous n’avons rien oublié!» plaisante Wilbur Ross après avoir énuméré une longue liste de secteurs d’applications de l’accord.

Faciliter les échanges

Le but est de faciliter les échanges, tant au niveau de l’information que de l’expertise. Il s’agit de renforcer la collaboration en identifiant des projets d’intérêt commun, pas uniquement par les deux gouvernements des deux pays, mais aussi par les instituts de recherche et les entreprises spatiales du secteur privé. Wilbur Ross évoque même la défense comme domaine d’activité spatiale que permet cet accord. Les principaux problèmes restent cependant la «réforme de la règlementation et les débris spatiaux», véritable fléau comme c’est aussi le cas sur terre. De son côté la «Luxembourg space agency» se chargera du volet éducation et formation pour les générations futures qui veulent se frotter aux métiers du secteur spatial. Pour le moment, ce dernier représente 2% du PIB de l’économie luxembourgeoise, le plus haut dans l’Union Européenne, largement tiré pour le moment par SES et ses lucratifs satellites. Mais Etienne Schneider ne veut pas s’arrêter là: «Nous avons l’objectif d’augmenter cette part du spatial dans le PIB, même si pour cela nous allons devoir investir dans beaucoup de recherche et développement, après tout c’est un secteur encore relativement récent», a-t-il précisé.