ESCH-SUR-ALZETTE
CHRISTIAN SPIELMANN

Des gags à la pelle dans «Silence, on tourne!»

Trois musiciens (Jean-Louis Damant, Jean-Yves Dubanton et Patricia Grégoire) interprètent des chansons connues avant que le rideau se lève. Ils reviennent de temps en temps pour permettre aux acteurs de souffler un peu. Un assistant-réalisateur, Batistin (Patrick Haudecoeur), donne des instructions à l’aide d’un mégaphone. Mais on ne comprend rien à cause des grésillements de son amplificateur. Il explique donc de haute voix au public du théâtre d’Esch-sur-Alzette qu’on va tourner un film sur la scène et que les spectateurs sont les figurants. Les habitués de longue date se rappellent alors une pièce de théâtre vue à Esch en 2014 qui s’appelait «Thé à la menthe ou t’es citron». C’est le même auteur Patrick Haudecoeur qui a imaginé ces deux pièces similaires par leur structure. Gérald Sibleyras l’a assisté pour l’écriture de cette nouvelle comédie «Silence, on tourne!».

L’assassinat de l’Etoile

Le film s’appelle «Une étoile est morte» et Batistin présente l’équipe de tournage. Il y a le réalisateur Francis (Jean-Pierre Malignon) qui est amoureux de la jeune débutante Lola (Nassima Benchicou). Jojo (Véronique Barrault) est la preneuse de son et Cristina (Adina Cartianu) la maquilleuse. Rose (Isabelle Spade) est la vedette du film et mariée au producteur André (Philippe Uchan). Et il y a l’acteur principal Philippe (Stéphane Roux) qui se croit tellement irrésistible par son rayonnement qu’il voit cette qualité comme un défaut. Le tournage peut commencer et Philippe, qui joue l’amant de Rose, est censé venir de la salle sur la scène pour tuer sa maîtresse. Alors un cascadeur décommande son engagement.

Qui pourrait tomber à sa place - il doit doubler Lola - le visage en avant de l’escalier planté au milieu de la scène? Batistin peut le faire, oui, certes, mais il n’en ressort pas indemne. Par la suite, il manque un figurant devant protéger Rose de l’attaque armée de Philippe. Et on cherche de nouveau dans le public et on trouve Arnaud. Or, le pauvre finit par tomber dans une fontaine et puis de la balustrade. Evidemment c’est un acteur, Gino Lazzerini, qui joue ce défenseur de l‘étoile Rose.

Une orchestration réussie

Ce qui est absolument réussi dans cette pièce, c’est l’orchestration des gags visuels, comme la chute des escaliers de Batistin, l’intervention d’Arnaud ou encore les cabrioles que fait un panneau en haut de l’escalier en se détachant de temps en temps du mur. Il y a des jeux de mots, des quiproquos et des sous-entendus qui font que toutes les situations lors de ce tournage chaotique font rire. Ça fait du bien de pouvoir rire de plaisanteries originales et bien menées par une troupe qui a du plaisir à tourner un film ou tout finit mal.