LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Madeleine Yougye a fondé la plateforme de photographes PixEazy il y a un an

La photographie est une passion pour Madeleine Yougye. Cette chef de projet, devenue indépendante il y a quelques années, a franchi le pas en septembre 2018 pour lancer sa plateforme de photographes, PixEazy. L’idée lui est venue de son frère, ancien photographe professionnel. Il s’agit de mettre en relation photographes et clients, mais d’aller au-delà du simple annuaire, qui existe déjà: «L’idée est d’instaurer un climat de confiance, de travailler ensemble, en communauté», explique la fondatrice. Cette dernière compte regrouper une vingtaine de photographes, sur Luxembourg où elle réside, Paris et Palma (à Majorque, là où son frère réside), et de rester à taille «humaine»: «Je mets un point d’honneur à rencontrer régulièrement les photographes et les connaître, je dois pouvoir leur faire confiance. C’est important par exemple pour des parents qui cherchent des shootings photo pour leurs ados, via notre plateforme je peux garantir qu’il n’y aura pas de problème, c’est important la confiance».

«J’ai emprunté de l’argent à toute ma famille!»

Pour monter PixEazy, Madeleine Yougye mobilise ses fonds propres, «en tant qu’indépendante, j’avais pris l’habitude de prévoir en cas de coup dur», mais fait appel aussi à ses proches: «J’ai emprunté de l’argent à toute ma famille!», raconte-t-elle. Son frère est associé, ainsi qu’un troisième partenaire financier, basé à Paris. Elle a bénéficié d’un suivi par l’incubateur Nyuko et Wide Luxembourg (Women in digital empowerment) qui l’ont beaucoup aidé à mûrir son projet: «C’est indispensable pour prendre du recul avoir une vue d’ensemble. Présenter son projet à des personnes extérieures, c’est le mettre en perspective».

Pendant cette première année, Madeleine s’est concentrée à mettre en place le volet technique de la plateforme, en faisant appel à des intervenants IT extérieurs. Il s’agissait d’avoir un outil qui tienne la route, une mise en relation fluide entre les photographes et les clients, ainsi qu’un système de retours d’expérience: «Je pose beaucoup de questions aux clients pour voir ce qui peut être amélioré et bien prendre en compte leurs remarques».

Côté clients justement, il s’agit surtout d’entreprises, la cible privilégiée de PixEazy ce sont les PME qui n’ont pas forcément les moyens d’engager une société de communication pour prendre quelques photos: «C’est important de communiquer par l’image aujourd’hui, d’autant plus avec les réseaux sociaux, mais on ne s’improvise pas photographe, même si les smartphones sont aujourd’hui plus performants». Mais les grands groupes peuvent aussi être intéressés car la plateforme est petite, donc réactive: «Nous proposons de réaliser des trombinoscopes, des couvertures d’événements, du “personal branding” pour les employés et les cadres», précise-t-elle. PixEazy a ainsi pu réaliser un shooting photo pour Amazon à Luxembourg, une petite équipe du géant qui avait besoin de photos de 30 personnes en interne. En quatre heures, c’était réglé. Mais la force du réseau de Madeleine Yougye, c’est que deux photographes ont travaillé ensemble sur ce contrat. Un gain de temps certain pour le client, sans trop de problème pour les professionnels pour qui il est naturel de collaborer sur certaines commandes. «Le but est de proposer des prix abordables, tout en donnant du travail aux photographes», explique l’entrepreneuse dont le modèle d’affaire se base sur une commission de 30% des cachets des photographes pour la plateforme.

La fondatrice souhaite d’ailleurs redonner ses lettres de noblesse à une profession aujourd’hui en difficulté: «Un ami photographe a été invité à un mariage, il était ravi de pouvoir se joindre à cette journée et à la fête. Mais ça s’est gâté quand les mariés lui ont demandé deux mois avant le jour J s’il pouvait s’occuper des photos. Gratuitement évidemment, c’est un ami. Ils ne se rendent pas compte que c’est une grosse pression et surtout beaucoup de travail. Il n’a pas osé dire non, du coup il n’a pas du tout profité de la journée comme les autres invités», raconte-t-elle.

A la rentrée, Madeleine Yougye compte entamer la deuxième phase de son projet et se concentrer sur la recherche de clients, tout en continuant de développer la plateforme et booster le marketing. Cette fois, elle ira chercher des fonds du côté de ses amis qui croient en son projet: «Tous mes proches mettent la main à la pâte quelque part, ma sœur aide sur les réseaux sociaux par exemple. A cette image, je ne recrute que des photographes qui croient à ce modèle, l’idée est de former une véritable famille de photographes qui travaillent ensemble».

pixeazy.com