LUXEMBOURG
MARC PIRON

Financé à parts égales par le ministère du Travail et le Fonds Social Européen, le projet «Connections4Work» vise à faciliter l’intégration de bénéficaires de protection internationale et d’autres migrants sur le marché du travail. Voici qu’il recherche des bénévoles pour accompagner les concernés. Explications avec Marc Piron de l’ASTI, qui coordonne le programme. 

«Le programme “Connections4Work” a pris en début d’année la relève du programme “Connections”, soutenu par l’Oeuvre Grande-Duchesse Charlotte et qui a permis à 25 des 100 candidats de trouver un emploi. C’est dans la même philosophie que nous poursuivons avec le nouveau programme. Sauf que nous n’accueillons plus que les candidats qui sont inscrits à l’Agence pour l’Emploi.

Il s’agit de jeter des ponts entre des personnes qui de par leur éducation, leur langue ou leur culture ont des difficultés particulières pour intégrer le marché du travail. Ils bénéficient d’une formation intensive en français axée sur l’apprentissage du vocabulaire des domaines de la restauration ou du jardinage, mais aussi d’un soutien pour établir leurs CV, leurs lettres de candidatures ou encore préparer leurs entretiens d’embauche. Qui plus est, nous leur proposons des séances d’information de base spécifiques dans ces domaines. Ce sont les deux secteurs affichant une pénurie de main d’oeuvre qui ont été retenus jusqu’ici pour ce programme d’insertion spécifique.

Ainsi par exemple, les candidats aides-jardiniers apprennent à manier une débroussailleuse ou à soigner les plantes sur la parcelle qui nous a été grâcieusement mis à disposition par la Ligue Luxembourgeoise du Coin de Terre et du Foyer. Les candidats polyvalents dans la restauration apprennent de leur côté les règles d’hygiène exigées en cuisine. Par ailleurs, ils bénéficient d’un stage en entreprise non-rémunéré de 240 heures leur permettant d’être formés en interne par un mentor à l’emploi avec une évaluation des compétences.

Sur la période de réalisation du projet qui s’achève fin 2020, il est prévu de préparer les demandeurs d’emploi ciblés à trois métiers identifiés à pénurie de main d’œuvre à raison de six cycles de 15 personnes – donc 90 personnes au total. Mais les formations en elles-mêmes ne suffisent souvent pas pour décrocher un emploi pour des gens parfois très éloignés du monde du travail pour une raison ou pour une autre.

C’est pourquoi nous recherchons des bénévoles pour les accompagner dans leur recherche d’emploi, pour qu’ils apprennent par exemple à connaître les exigences du marché du travail, à maîtriser les démarches administratives, à comprendre la culture de leur pays d’accueil et pour qu’ils s’exercent en français. Le “coach” rencontrera ainsi son protégé une à deux fois par semaine pour l’épauler. Il faut donc être disponible pour quelques heures. Les qualifications du ou de la bénévole jouent un moindre rôle, même si l’expérience constitue évidemment un plus. Lorsque nous aurons suffisamment de candidatures – une quinzaine environ – nous organiserons une séance d’information pour les personnes disposées à aider les bénéficiaires de protection internationale et autres migrants dans leur processus d’insertion au sein du marché du travail. Ce sont des pas extrêmement importants pour les concernés et je dirais même pour notre société dans son intégralité.»