LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Le coronavirus rebat les cartes des prévisions économiques au Statec

La croissance du PIB va souffrir des effets induits par le coronavirus selon le Statec qui table sur un ralentissement de la croissance économique au Luxembourg à 2,0% en 2024 contre 2,8% attendus cette année. Ce rythme marque une décélération claire après un taux de croissance moyen de 3,5% entre 1995 et 2018, renseignent les dernières projections économiques de l’institut diffusées jeudi.

En zone euro, la croissance pourrait même s’afficher au ras des pâquerettes cette année, à 0,8% selon les projections d’Oxford Economics reprises par le Statec. Un rebond à 1,25% est ensuite attendu. «Au-delà de 2021, cette épidémie ne devrait avoir que très peu d’incidence», ajoute le Statec. A lui seul, le coronavirus devrait coûter 0,1 point de pourcentage de croissance en zone euro mais davantage en Chine et en Asie, précise-t-il encore.

Entre marchés financierset demande extérieure

L’incidence côté luxembourgeois est surtout à mettre sur le compte du secteur financier, auquel l’économie locale est particulièrement exposée. Ainsi, Oxford Economics table sur un ralentissement de la progression de l’indice boursier Euro Stoxx 50 qui devrait plafonner à 3,5% par an en moyenne entre 2020 et 2023.

Autre facteur d’influence: la demande étrangère se verrait impactée ce qui pèserait sur les importations des principaux partenaires commerciaux du pays. Par conséquent, le Statec s’attend à un ralentissement de l’emploi intérieur de 3,2% en 2020 à 1,4% en 2024. Quant au taux de chômage, il pourrait atteindre 6,3% contre 5,5% attendus cette année, alors qu’il y a un an encore le Statec tablait sur une baisse de l’indicateur.

Clairement, le vent tourne et il en va de même pour l’indice des prix à la consommation qui devrait rester inférieur à la barre des 2%. L’indexation automatique des salaires fond donc comme neige au soleil dans ce scénario qui ne tient même pas compte de la récente chute des prix du baril de pétrole, précise son auteur Ferdy Adam.

Enfin, du côté des dépenses publiques, le scénario s’obscurcit également avec une baisse attendue du solde public à 1,2% du PIB d’ici à 2024, contre 1,7% attendus cette année. Du côté des recettes, un ralentissement se profile sur fond de stabilisation des recettes portées par les impôts sur le revenu des ménages tandis que du côté des dépenses, un freinage des embauches dans le secteur public pourrait se faire sentir après une accélération très élevée ces dernières années.

L’heure est donc à la prudence tant il est avéré que les économies européennes ont dépassé le haut du cycle. Reste à savoir à quel rythme se fera la descente.