LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Le groupe Delphi a annoncé un plan de restructuration global

La rumeur courait depuis deux mois déjà, mais la délégation et le personnel de Delphi ont été notifiés ce jeudi seulement d’un plan social global qui va toucher plusieurs sites dans le monde, avec une coupe de près de la moitié de l’effectif total à Bascharage. C’est un coup de massue pour les employés qui ont du subir plusieurs plans sociaux au cours de la dernière décennie: «Nous ne savions pas à quel point Luxembourg serait touché par ce plan de restructuration global. Il y a dix ans, le site comptait 800 employés, aujourd’hui ils ne sont plus que 500, dans deux ans ans a priori moitié moins. Les décisions sont prises de l’étranger, le management local ne semble plus se battre pour le site», explique Michelle Cloos, du Syndicat Services et Energie de l’OGBL.

Ce qui a été annoncé aux salariés est la disparition quasi complète, dans les 2 ans à venir, de la division «Fuel Injection System» (FIS) et de la division composantes (PTP). Les activités seront principalement déplacées vers d’autres sites, notamment vers celui de Blois (France). La partie E&E (Electronics and Electrification) sera épargnée et aura un avenir au Grand-Duché. A ces très nombreux emplois directs, il faut également ajouter plusieurs dizaines d’emplois indirects (sous-traitants travaillant sur le site) et autres fournisseurs externes. Le syndicat indique dans un communiqué qu’il s’agit ici, après l’annonce de la fermeture définitive des différentes entités du groupe Mahle au Luxembourg la semaine dernière (qui avait racheté la branche thermale de Delphi), de la «deuxième annonce désastreuse dans le secteur de l’équipement et de la recherche automobile au Luxembourg».

Une lettre à la direction

L’OGBL, seul syndicat signataire de la convention collective de travail du groupe, avait anticipé cette annonce et a déjà envoyé une lettre à la direction, qu’elle n’a pas encore rencontré, pour revendiquer un plan de maintien dans l’emploi. En clair favoriser les moyens légaux à disposition (reconversions, transferts, préretraites…) afin d’éviter au possible les licenciements secs. Sans plus d’informations de la part de la direction, il est difficile de connaître les motivations d’un tel plan: «Le site de Luxembourg est attractif, nous avons comparé avec le coût du travail en France, nous sommes compétitif. Nous ne savons pas pourquoi ce plan a été décidé, ni même si l’équivalent des emplois va être effectivement transféré. Tout ce que nous savons c’est que le groupe Delphi s’était fixé des objectifs qui n’étaient pas atteignables», indique la syndicaliste.