LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

La crise a empêché des néo-entrepreneures de se lancer

Magda Vidis fait partie de ceux qui comptaient se lancer à 100% dans leur nouvelle activité au mois de mars dernier... Un calendrier qui ne pouvait pas être plus mal choisi malheureusement. Et elle n’est pas la seule dans cette situation. Cette professionnelle du secteur bancaire, avec plus de dix ans d’expérience, avait mis au point tout un programme de coaching pour les futurs entrepreneurs afin de les accompagner dans leurs débuts.
Le programme était prêt, les contacts étaient pris, les locaux étaient réservées à l’espace de coworking Spaces à la gare, Magda Vidis n’avait plus qu’à se lancer pour une série de cours et d’ateliers en petits groupes. Et le confinement est arrivé: «Tout s’est arrêté d’un coup, les personnes intéressées ont mis de côté leurs projets, il n’y avait plus d’intérêt. Avec la crise, tout le monde s’est mis en mode survie, il n’était plus question de lancer son entreprise pour personne. Alors je me suis demandé ce que j’allais faire pour me rendre utile», raconte-t-elle.
Le confinement qui s’est poursuivi par une crise de la consommation et une crise économique mondiale pèse sur les épaules des jeunes entrepreneurs: «J’étais coach pour un programme de la Chambre de Commerce Pologne-Luxembourg qui propose un programme pour les femmes entrepreneuses. Je suis toujours en contact avec certaines, et malheureusement quelques unes ont dû arrêter leur activité, car elles ont perdu tous leurs clients et leur entreprise était trop jeune pour passer ce cap, d’autant qu’elles n’étaient pas éligibles pour les aides de l’Etat», raconte Magda Vidis.

Un  groupe de soutien

Toute cette incertitude a pesé sur le moral des entrepreneures que suit la coach sur son temps libre. Magda Vidis a gardé son emploi, mais elle a crée un groupe de soutien composé d’une quarantaine de femmes pour traverser ensemble cette épreuve. Elle organise aussi des rencontres sur Zoom pour échanger de vive voix: «Je m’estime très chanceuse, car j’ai gardé mon emploi, je suis relativement à l’abri. Mais ce n’est pas le cas de toutes. Certaines avaient juste lancé leur entreprise et n’ont plus de sources de revenus, d’autres ont été licenciées, il y a beaucoup de peur et d’incertitude. En créant un groupe privé sur Facebook, “Mindset against Covid”, cela permet à ces femmes d’échanger sur leur expérience et surtout de ne pas se sentir seules dans cette épreuve».
En attendant de pouvoir repartir sur son projet de coaching professionnel, Magda Vidis propose ses services «pro bono» à son groupe, en proposant à ces femmes de se remettre en selle. Entre jeunes qui n’ont rien à perdre et celles qui ont une solide expérience, les profils sont très différents: «J’ai proposé aux volontaires des séances de coaching car toute cette situation est très difficile, la pandémie n’est pas terminée et c’est compliqué de naviguer à vue, sachant que chaque situation est différente. Mais plus que jamais, les gens ont besoin de coaching. Ils ont besoin de se reprendre en main et de fixer des objectifs pour leur vie professionnelle. C’est là que j’interviens. Pour le moment cela se passe en plus de mon emploi salarié, mais j’espère pouvoir moi aussi reprendre bientôt mon programme pour futurs entrepreneurs».