LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

L’économiste Michel Aglietta livre sa recette pour redresser l’Europe

Le 60ème anniversaire du Traité de Rome survenu au mois de mars est loin d’être festif. Entre le Brexit, la montée des courants eurosceptiques et la crise de la dette, l’Union européenne a connu des jours meilleurs. «Si l’Union européenne a des difficultés aussi importantes, c’est à cause de ses défauts de gouvernance et les divergences entre les Etats qui rend impossible l’émergence d’un intérêt européen», a expliqué ce mardi à la Chambre de Commerce l’économiste français Michel Aglietta. Invité par la Fondation IDEA, il a présenté sa solution pour redresser la croissance potentielle de l’UE et renforcer la convergence des pays membres en zone euro. Dans un premier temps, il s’agirait de renforcer le plan Juncker avec un budget plus conséquent que les 315 milliards d’euros prévus. Pour cela, l’économiste propose de mobiliser l’épargne privée en plus des investissements publics mais aussi de créer de nouvelles taxes notamment sur la consommation électrique, sur les transactions financières et sur le commerce extra-européen. La seconde étape de la réforme passerait par une réforme du Semestre européen. «Il nous faut une agence budgétaire de la zone euro», plaide le professeur émérite à l’Université Paris-X et conseiller au Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII) et à France Stratégie.

Un pacte européen pour la croissance

Il propose de fusionner l’Eurogroupe et un élément budgétaire de la Commission européenne afin d’avoir un organisme doté d’un point de vue sur l’ensemble des budgets des Etats membres en zone euro et cela, en fonction non plus de critères fixes mais selon la situation macroéconomique du moment. De la sorte, le «pacte européen pour la croissance» de Michel Aglietta veut redresser l’UE et la mener vers un nouveau régime de croissance. Car entre le tassement du PIB/capita, la baisse de la productivité du travail, la montée des inégalités de revenus, la baisse de l’investissement productif et la déflation, «tout cela caractérise un régime de croissance qui n’est pas normal», a insisté le conférencier.