STUTTGART
CATHERINE KURZAWA

Après des ventes record en 2012, le groupe souhaite redevenir leader du haut de gamme

Pas de gala et encore moins de foire ce mercredi matin à la Karl Benz Arena de Stuttgart. Non, le menu était plus économique, avec la présentation du bilan 2012 de Daimler, la maison-mère de Mercedes-Benz.

L’an dernier, 2,2 millions de véhicules ont été vendus, C’est «le plus haut niveau de l’histoire du groupe Daimler», s’est félicité le directeur financier Bodo Uebber. Voilà qui ferait presque oublier la course dans laquelle le fabricant s’est lancé en 2005: redevenir le leader du haut de gamme. Car si ses ventes américaines ont pour la première fois dépassé celles de l’Allemagne, à 300.000 contre 290.000 unités, le groupe doit rattraper son retard en Chine, où les ventes se sont tassées de plus de 6% en un an.

Accent sur la Chine

«En décembre, nous avons réorganisé nos opérations de ventes en Chine», a indiqué le PDG, Dieter Zetsche. Une joint-venture a été réalisée avec le partenaire local de Daimler, BAIC. Par ailleurs, le constructeur a créé un poste spécialement dédié au marché de l’Empire du Milieu, et l’a confié à Hubertus Troska. «Cette nomination sert aussi à mettre l’accent sur l’importance cruciale que la Chine joue dans nos plans de croissance», a ajouté le président. L’an dernier, le bénéfice net de Daimler a progressé de 8% à 6,5 milliards d’euros, tandis que le dividende s’est maintenu à 2,2 euros. Quant au chiffre d’affaires, il a augmenté de 7% à 114,3 milliards d’euros. Toutes les divisions n’ont pas été logées à la même enseigne. La branche de services financiers du groupe a vu son chiffre d’affaires croître de 12%, alors que celui des bus Daimler a chuté de 11%. En cause, la baisse de la demande de châssis en Amérique Latine et la situation économique délicate en Europe, sans compter le repositionnement de la branche sur le continent nord-américain.

Programmes à la louche

Et dans ce domaine-là également, Daimler tente d’échapper à une spirale négative, avec le programme GLOBE qui va revoir toute l’organisation des ventes en Europe. Pour les voitures, le groupe a lancé «Mercedes-Benz 2020» ravir la place de n°1 de son secteur au bavarois BMW, avec à terme le lancement de treize nouveaux modèles dont certains «spécialement créés pour nos marchés de croissance», souligne Dieter Zetsche. L’accent devrait notamment être mis sur les SUV compacts. Aussi, «Fit for Leadership».vise des économies, en réduisant la production des véhicules à 30 heures, et en développant la production de moteurs aux États-Unis, en collaboration avec Renault-Nissan. Sur ce point, certains observateurs n’ont pas manqué d’interpeller les membres de l’exécutif, craignant des retombées négatives pour le groupe étiquetté haut de gamme.

Optimisme prudent

Pour l’exercice en cours, Daimler prévoit d’abord un déclin des bénéfices. «Nous sommes plus optimistes pour le second semestre», a commenté Bodo Uebber. Par exemple, Daimler table sur la Coupe du monde de football l’an prochain et sur les Jeux Olympiques de 2016 pour faire remonter ses ventes de bus. Trop optimiste ? Le groupe s’attend déjà «à réaliser un nouveau record pour les ventes unitaires (de voitures) cette année», a indiqué Bodo Uebber.