LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Couturiers et blanchisseurs sont désormais réunis dans la FedTex

Un nouveau groupement professionnel est né, au Luxembourg. Son nom? FedTex. Son rôle? Représenter les métiers de l’habillement grâce à la fusion de deux anciennes fédérations: celle des nettoyeurs et blanchisseurs et celle des créateurs de l’habillement. Rencontre avec son président, Jean-Paul Neu.

La FedTex vient de voir le jour, qu’est-ce qui a poussé les deux entités à fusionner?

Jean-Paul Neu Ces deux fédérations étaient de petites entités et nous avons décidé de les regrouper en une seule car les intérêts se rapprochent les uns des autres. Nous avons affaire au textile, au traitement et à la création. L’idée a été discutée entre les présidents des deux anciennes fédérations, en l’occurrence moi-même pour les blanchisseurs et nettoyeurs à sec, et Sylvie Hamus pour les créateurs de l’habillement. Elle est aujourd’hui vice-présidente de la nouvelle fédération.

Les deux anciennes fédérations travaillent donc sur des dossiers transversaux. Quels sont-ils?

NEU Certaines professions sont plus connues que d’autres. Certaines ont un brevet de maîtrise et d’autres pas. C’est donc intéressant de mélanger plusieurs branches en une fédération, malgré ces contraintes qui au premier abord semblaient compliquées mais qui, au final, ont plein d’avantages. Nous avons parmi ces métiers le tailleur et le couturier qui ont un brevet de maîtrise, et cela depuis de longue date. Dans les instances, le mélange de genres a pu être mal perçu car ce sont des métiers très différents les uns des autres.

Il reste des thématiques propres à l’une ou l’autre entité?

NEU Par exemple, nous avons un blanchisseur qui nous pose pas mal de soucis des fois, c’est la prison. Ce n’est pas un acteur comme les autres. Quelque part, j’ose dire que c’est une concurrence déloyale car c’est une entité qui appartient à l’État, dont la bâtisse fut payée par des agents de l’État et dont les acteurs ne gagnent pas 1/5ème de ce que les nôtres doivent être payés. Cela représente un marché que nous ne détenons pas. Et eux, ils ne font pas de soumission pour les objets qu’ils ont.

La prison n’externalise pas ces tâches donc?

NEU Non. La prison a construit une blanchisserie très moderne. Le ministère a en fait voulu occuper les prisonniers. Nous sommes d’accord avec cela. Mais quand nous avons entendu parler du projet, nous avons proposé de construire une entité ensemble pour occuper les prisonniers, mais pas qu’eux car il y a aussi des fonctions-clés comme le transport, la logistique qui vont vers l’extérieur et que les prisonniers ne pourraient dès lors pas assurer. Il y a aussi les fonctions propres aux machines et à la logistique interne et qui nécessitent des professionnels du métier. Ce n’est pas logique, on n’est pas très content de cela mais on ne peut rien y faire.

Comptez-vous encore vous battre ou bien êtes-vous résigné?

NEU On s’est battu jusqu’au bout mais on n’a pas abouti. C’est une décision gouvernementale à laquelle nous n’avons pas la moindre chance de pouvoir faire changer.

Revenons à la FedTex, quels sont les défis qu’elle compte relever?

NEU Les couturiers, tailleurs, fourreurs, chapeliers, sont des métiers qui ne sont plus très connus par les jeunes. Ils risquent donc de ne pas choisir ces branches. Ainsi, les opérateurs se plaignent d’une surcharge de travail et d’un manque d’apprentis pour suivre ces métiers. Nous souhaitons les faire connaître et avons plusieurs projets en route. Vous en entendrez parler à l’automne. On va dans un premier temps présenter plusieurs de ces métiers en individuel. Nous ne visons pas de gros salons ni de grosses opérations. Il faut savoir que nous venons d’une toute petite structure où les membres sont bien souvent des entrepreneurs qui ne peuvent délaisser leur commerce le temps d’une foire.

Quelle est la part d’indépendants dans votre fédération ?

NEU Ils sont pratiquement tous dans ce cas. Ils ont parfois quelques employés. On a 35 entreprises de blanchisseurs et de nettoyeurs à sec et ils emploient 403 personnes. Pour les couturiers, on recense 29 entreprises qui occupent 33 salariés, la plupart sont des indépendants. Si on les regroupait avec les créateurs et les modificateurs (retoucheurs) c’est-à-dire les stylistes (toutes les professions se noient dans ce terme), il y a 70 entreprises qui emploient tout autant de personnes.

Y a-t-il des spécificités sur le marché luxembourgeois?

NEU Il est étonnant de savoir combien de créateurs il y a et ce qu’ils font, avec quels clients ils travaillent. Cela va du théâtre à la préparation du grand marché de vêtements. On s’étonne vraiment des métiers qu’ils font et de leurs contenus. Je pense que chaque créateur se diffère de l’autre mais je ne pense pas qu’il y ait un essort luxembourgeois. Je pense qu’ils sont tous tributaires des pays limitrophes et de la clientèle de ces pays.

La FedTex envisage-t-elle un rapprochement ou des partenariats avec ses homologues, tant du côté de la Grande Région que de celle du Benelux ?

NEU C’est encore trop tôt pour en tirer une conséquence. Nous avons parlé d’attirer l’attention de ceux qui font des démarches vers notre pays et d’attirer leur attention sur notre fédération pour mieux pouvoir travailler ensemble. Mais pour l’instant, il n’y a encore rien de concret. Nous venons à peine de nous installer.