LUXEMBOURG
LAMYA ESSEMLALI

Seuls trois mois se sont écoulés mais une chose est certaine: l’année 2019 connaît une surmortalité des dauphins dans le Golfe de Gascogne. Pour l’association Sea Shepherd, c’est la faute de la pêche intensive et du laisser-aller des autorités. Sa présidente Lamya Essemlali nous détaille cela.

«Depuis le début de cette année, 1.150 dauphins morts nous ont été signalés. Cela représente 20% de l’ensemble de ces animaux morts car selon les scientifiques, 80% d’entre eux coulent une fois qu’ils ont perdu la vie.

D’année en année, le nombre de dauphins retrouvés morts augmente et des autopsies montrent que pour plus de neuf

animaux sur dix, des traces de capture sont visibles et leur estomac était plein. Ils ont donc été capturés par des pêcheurs alors qu’ils chassaient.

Le fait est que le gouvernement français a autorisé des méthodes de pêche pas du tout sélectives sur la façade Atlantique, une zone très diversifiée au niveau de la vie marine. Notre ONG patrouille depuis des mois et constate que les pêcheurs posent des filets au milieu des dauphins. Cette problématique remonte à une trentaine d’années, lorsque la pêche au chalutier a été autorisée. Mais depuis trois ans maintenant, on assiste à des pics d’échouages qui sont de l’ordre du jamais vu.

Les scientifiques mettent d’ailleurs en garde: la population des dauphins est menacée d’extinction à cause de la pêche. Sea Shepherd dénonce que l’Etat autorise des méthodes de pêches destructrices comme le chalut, le filet et la senne. D’autre part, notre organisation dénonce que l’Etat n’impose aucune surveillance de ces bateaux-usines actifs dans le Golfe de Gascogne.

Ce phénomène est aussi de la responsabilité des consommateurs: si des méthodes de pêche non-sélective sont utilisées, c’est parce qu’il y a une très grande demande pour du poisson. Il y  a donc une vraie question d’habitude de consommation. Les consommateurs sont complices de ce carnage parce qu’ils ne se demandent pas d’où vient le poisson qu’ils achètent ni comment il a été pêché.

D’après les scientifiques des Nations Unies, si on ne change pas radicalement les méthodes de pêche, 2048 verra l’effondrement des pêcheries commerciales. Il est donc vital d’agir maintenant. Une autre échéance a de quoi interpeller: d’ici à 2050, il y aura plus de plastiques que de poissons dans les océans.»