LUXEMBOURG
CLAUDE KARGER

Négociations de la convention collective dans le secteur bancaire: rien ne va plus

Un bras de fer devant le conciliateur s’annonce après la rupture hier des négociations pour la nouvelle convention collective pour le secteur bancaire. Tandis que le syndicat ALEBA accusait hier par voie de communiqué l’ABBL de provoquer un conflit social et d’avoir annulée une round de négociation prévu pour mardi prochain, l’association des banques et banquiers a précisé par la suite qu’en réalité, les syndicats venaient de refuser une nouvelle proposition patronale. L’ALEBA souligne que l’attitude syndicale est une attitude responsable. «Dans un environnement incertain et précaire, les syndicats avaient renoncé à des revendications salariales et avaient axé leurs revendications sur le maintien des acquis et la sécurisation des emplois», pointe le syndicat. L’ABBL par contre aurait fait «abus de la situation tendue dans les banques». Les revendications initiales de l’association des banques et banquiers auraient ainsi visé à réduire en miettes les acquis fondamentaux ancrés dans la Convention collective de travail. Ainsi, l’ABBL aurait demandé la suppression de la prime de conjoncture, la réduction des jours de repos pour les nouveaux engagés - des revendications entretemps abandonnées au cours des négociations - la réduction de la prime d’ancienneté et la suppression de la garantie d’avancement triennale.

Actions syndicales au programme

«Dans le même temps, Jean-Jacques Rommes, directeur de l’ABBL ne se gêne pas pour déplorer que par comparaison à d’autres pays, il n’y ait pas plus de 15 top managers sur la Place financière luxembourgeoise qui encaissent en moyenne 1,6 millions d’euros par an», attaque l’ALEBA, tout en donnant à penser que les banques ont enregistré d’excellents résultats l‘an dernier.

Les résultats avant provision et impôts auraint ainsi enregistré l’année dernière le sixième meilleur score jamais atteint, soit 5,25 milliards d’euros. Et l’ALEBA de calculer que sur base de cette somme, un employé aurait rapporté en moyenne 200.099 euros à sa banque en 2013. «Nous ne pouvons pas accepter d’hypothéquer les avancements conventionnels dus en 2017 par une clause économique basée sur les résultats d’une année 2013 extrêmement profitable. Toute progression barémique risquera ainsi d‘être éliminée à jamais», pointe l’ALEBA. Elle n’aurait d’autre choix que de proposer aux autres syndicats la saisine de l’Office National de Conciliation et de préparer l’organisation des actions qui s’imposent.