LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Des relents de peinture fraîche sont encore perceptibles dans le bâtiment Silversquare, situé non loin de la gare de Luxembourg. Normal, cet espace de coworking de 2.300 m² a ouvert ses portes en juin dernier et affiche déjà un taux de remplissage de 70% pour 50 entreprises enregistrées et 130 personnes occupées. Sa directrice Claudine Bettendroffer fait le point sur le marché du coworking.

Silversquare est présent à Bruxelles depuis dix ans avec quatre centres. Vous pouvez donc faire une comparaison avec le marché luxembourgeois. Quelles sont vos conclusions?

CLAUDINE BETTENDROFFER A Bruxelles, le marché est assez développé avec différents acteurs. Au Luxembourg, l’image du coworking est encore un peu différente, on l’associe généralement aux start-up et aux indépendants. Pourtant il y a ici des entreprises matures qui sont établies. Notre objectif est d’avoir une diversité dans notre communauté. Il est important pour nous de cibler différents secteurs d’activité. Nous avons aussi bien des sociétés financières que de conseil, d’industries créatives, d‘énergie, d’artisanat, et même immobilières.

Silversquare est installé dans le quartier de la gare, tout comme de nombreuses autres structures de coworking. Pourquoi ce choix?

BETTENDROFFER A Luxembourg, beaucoup d’entreprises veulent être situées dans le centre-ville. Mais nous constatons que la demande en coworking va au-delà de la ville: Belval et Bertrange/Strassen sont autant de marchés potentiels, d’autant plus intéressants quand on sait que les travailleurs viennent de l’extérieur de la ville et parfois même du pays. Nous regardons différentes opportunités mais nous n’avons pas encore défini où nous irons. Une chose est certaine: on va essayer de bouger rapidement.

A l’heure où le règlement GDPR met l’accent sur la protection et la confidentialité des données, comment concilier celui-ci avec le travail dans des espaces partagés comme ceux que vous proposez?

BETTENDROFFER La confidentialité est l’un des points les plus importants pour nous. Chez Silversquare, nous proposons des espaces de travail ouverts mais aussi des zones privatives comme des bureaux, des box où passer un appel téléphonique sans oublier des salles de réunion. Beaucoup de gens font des réunions dans des espaces ouverts pour des thématiques qu’ils considèrent comme moins délicates. C’est aux sociétés de décider si elles se mettent à part ou pas. On leur laisse la flexibilité.

L’un des inconvénients du coworking est l’absence de possibilité de domiciliation des entreprises. Que faites-vous pour y remédier?

BETTENDROFFER Le métier de la domiciliation des entreprises est réservé aux fiduciaires et aux cabinets d’avocats. Cela veut dire qu’ils peuvent ouvrir le courrier des entreprises et leur envoyer un scan. C’est quelque chose qu’on ne fait pas du tout. Chez Silversquare, les entreprises peuvent utiliser notre adresse pour enregistrer leur siège. On ne va jamais ouvrir un courrier pour un client, ou prendre un appel téléphonique pour lui. On n’est pas dans la domiciliation pure. Nous sommes un fournisseur de services dans le sens où on leur loue des espaces, leur fournit des espaces de réception des clients, mais c’est à la société de faire son propre traitement du courrier.

Le marché du coworking se développe peu à peu au Luxembourg. Comment vous distinguez-vous de la concurrence?

BETTENDROFFER Notre avantage, c’est la communauté. Beaucoup de clients ont envie d‘être dans une communauté et d‘échanger. On essaie d’animer cette communauté. Silversquare se positionne entre deux mondes: nous proposons tous les services d’un centre d’affaires mais mélangé à l’atmosphère des espaces ouverts, de l’esprit start-up et de l’inspiration qui en découle. Ici, on peut travailler dans un espace professionnel tout en se sentant un peu chez soi.