En pleine année de la capitale européenne de la culture, Mons enchaîne les inaugurations. Dernière en date: le Beffroi et son centre d’interprétation. L’édifice construit en 1661 était fermé au public depuis 31 ans. C’est dire si les Montois étaient impatients de monter là-haut et d’observer l’impressionnant panorama. Celui-ci est complété par de grandes tablettes tactiles où il est possible d’en savoir plus sur l’un ou l’autre bâtiment. L’interactivité est au programme aussi avec quelques jeux qui divertiront les plus jeunes. Pour le reste, la visite est relativement brève. On peut monter quelques escaliers pour observer le mécanisme de l’horloge et quelques cloches du carillon.
Une réponse à l’Eglise
C’est cet outil qui rythmait et rythme encore la vie de la ville. En fait, le Beffroi est le successeur de la Tour à l’Horloge, un édifice rond et plus petit construit à la fin du 14ème siècle. Son écroulement en 1661 et les remous qui s’en suivent entre la Ville et le pouvoir religieux poussent la municipalité à construire sa propre tour, qui aura pour but d’informer les citoyens, de prévenir des incendies et éventuellement des guerres tout en témoignant de la puissance de la ville. Les travaux s’achèvent en 1672 sous la houlette de Louis Ledoux et de Vincent Anthony.
Haut de 87 mètres, le Beffroi de Mons est le seul Beffroi baroque de Belgique reconnu par l’Unesco. Il est entré au Patrimoine Mondial en 1999, alors qu’il était en travaux. En fait, le chantier a joué les prolongations pour s’achever en juillet, avec une facture de 6,27 millions d’euros pour la dernière phase.
Vu par Victor Hugo
La visite de l’édifice est complétée par quelques anecdotes. Par exemple, le 18 août 1838, Victor Hugo est de passage à Mons pour y rendre visite à sa maîtresse. Il écrit à sa femme et décrit Mons et son Beffroi sans retenue: «La plus haute de ces trois tours, bâtie sur l’emplacement de l’ancien château, et, je pense, vers la fin du dix-septième siècle, a un toît vraiment étrange. Figure-toi une énorme cafetière flanquée au-dessous du ventre de quatre théières moins grosses. Ce serait laid si ce n’était grand. La grandeur sauve.» Bref, voilà un ouvrage qui a toujours su se distinguer mais peut-être pas toujours de façon consensuelle.
www.beffroi.mons.be




