LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

C’était au tour hier de la Chambre de Commerce de faire son bilan 2018

Essouflement économique, incertitudes politiques: si le Luxembourg semble échapper à une recrudescence des tensions, l’avenir semble moins positif pour 2019, a pointé mardi la Chambre de Commerce. Entre la hausse des tensions commerciales, notamment entre la Chine et les Etats-Unis, et les incertitudes liées au Brexit, la croissance mondiale semble être ralentie. C’est le cas en particulier de la zone euro et des voisins immédiats du Luxembourg. Le bilan de l’institution met l’accent sur les Etats-Unis, qui surfent encore sur une croissance exceptionnelle de 2,9% en 2018 - avec 2,6% de prévu pour 2019, le Japon qui reste sensible aux guerres commerciales, et la Chine qui mise désormais sur une croissance plus durable et davantage basée sur les services.

Pour ce qui est de la zone euro, l’UE entrera en 2019 dans sa sixième année consécutive de croissance avec l’ensemble des Etats membres dans le vert en 2019-2020. Mais la remontée des cours pétroliers a impacté les tendances économiques récemment, sans compter l’essoufflement des exportations industrielles. La menace d’un «hard brexit» est aussi toujours prise au sérieux, ce qui influencerait grandement la politique monétaire sur la zone euro. Il est donc très difficile de faire des prédictions pour le Royaume-Uni, déjà fortement impacté au niveau de sa croissance par les incertitudes liées au Brexit. En attendant, de grands acteurs financiers ont déjà quitté Londres pour poser leurs valises sur la place luxembourgeoise, mais les effets à plus long terme sont plus imprévisibles, juge la Chambre de Commerce.

Des entreprises qui restent confiantes

En ce qui concerne le Luxembourg, la première bonne nouvelle est que les entreprises luxembourgeoises restent confiantes et gardent le moral. La Chambre de Commerce a réalisé un petit sondage auprès de ses membres pour qui le climat économique devrait rester le même entre 2018 et 2019. Cependant, le directeur de l’institution Carlo Thelen, a relevé des plaintes récurrentes des PME: une simplification administrative qui ne va pas assez loin, un manque de main d’œuvre et de locaux, ainsi que la difficulté pour les petites structures à embarquer dans le train de la digitalisation.

«Les entreprises ont besoin d’être accompagnées, surtout celles par exemple qui subissent les travaux. Dans d’autres grandes villes, des systèmes de compensation ont été mis en place, pas ici, c’est dommage». Avec les annonces récentes de la nouvelle coalition, Carlo Thelen partage les inquiétudes de Nicolas Henckes, patron de la clc, sur le manque de représentativité du patronat dans les instances politiques: «Les débats électoraux ont été marqués par ce qu’on allait faire des fruits de la croissance, mais pas de comment on crée cette richesse. Il y a peu d’entrepreneurs représentés au Parlement, nous avons clairement un manque de relais au niveau politique», regrette le directeur de la Chambre de Commerce.