ALEXIS BLEY

Face à la problématique des coûts élevés des logements au Luxembourg, Alexis Bley propose via la pétition n°760 de mettre en place un plan d’action national ambitieux et concret en matière de construction de logements. Selon le pétitionnaire, si nous continuons à négliger cette problématique, nous serons incapables d’assurer la viabilité économique du pays à long terme. Il propose donc de mettre en place un plan d’action national et nous détaille cela.

«Le but de ma pétition 760 est d’orienter le débat public au Luxembourg de manière plus incisive sur la problématique qui est celle du marché locatif et dont il ne faut absolument pas sous-estimer l’urgence et l’ampleur du défi qui nous attend. Chaque année, environ 10.000 postes de travail sont créés au Luxembourg pour uniquement 3.000 nouveaux logements. Cette situation entraîne une pression croissante sur nos infrastructures routières et compromet la qualité de vie des résidents et des travailleurs frontaliers.

A terme, elle risque aussi d’avoir des répercussions négatives sur l’attractivité économique du Luxembourg. En effet, il devient de plus en plus difficile de trouver un logement au Grand-Duché, non seulement pour les Luxembourgeois, qui sont de plus en plus souvent contraints de s’exiler de l’autre côté des frontières, mais aussi pour les travailleurs étrangers qui ont de plus en plus de mal à trouver leur propre logement et sont obligés, soit d’habiter dans un des pays limitrophes, soit de vivre dans des colocations dépassant souvent dix personnes par habitation. Cette situation aggrave aussi les inégalités sociales puisque ce sont les personnes les plus défavorisées qui ont le plus de mal à se loger, notamment au regard du manque crucial de logements sociaux dans le pays.

Les terrains vagues dans les zones à fort potentiel résidentiel sont devenus à de nombreux endroits les symboles du dysfonctionnement du secteur de la construction au Luxembourg. Prenons l’exemple de la place de l’Etoile où cela fait une décennie que les procédures traînent, la même chose s’applique pour divers terrains à Hollerich et au Kirchberg. Je suis persuadé que si nous continuons à négliger cette problématique comme nous l’avons fait jusqu’ici, nous serons incapables d’assurer la viabilité économique du pays à long terme. Il faut donc être capable d’élargir le périmètre de zones constructibles et d’augmenter la densité résidentielle dans les zones à fort potentiel, aussi bien dans la périphérie de la ville de Luxembourg qu’au niveau des autres communes, ce qui permettrait de réduire au moins en partie la pression sur les principaux axes autoroutiers du pays et d’accroître la qualité de vie d’un certain nombre de résidents. Pour autant, il ne faut pas non plus négliger la nécessité de construire davantage dans nos communes, où les plans d’aménagement général (PAG) ne sont souvent pas assez ambitieux et n’incluent pas assez de nouvelles zones habitables dans les plans urbanistiques.

Un plan d’action national pourrait être une solution afin de mettre en place toute une série de mesures fiscales, législatives et d’accords entre les différents acteurs impliqués afin d’agir plus vite. Il faut dire que le gouvernement actuel a pris un certain nombre de mesures pour favoriser la construction comme le “Baulückenprogramm”, ou les “Baulandverträge”, mais souvent celles-ci s’apparentent à des demi-mesures qui sous-estiment à mon sens l’urgence du défi.»