LUXEMBOURG
ENRICA PIANARO

Cette année, de mai à juillet, l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA) mène sa deuxième enquête auprès de la population lesbienne, gay, bisexuelle, transgenre et intersexe qui vit en Europe. Il s’agit, dans cette enquête, de recenser les discriminations et crimes haineux vécus par les personnes appartenant à la communauté LGBTI, ainsi que de mesurer leur perception de protection et de jouissance des droits humains à travers les différents pays d’Europe.

«Cette enquête est vitale, car elle permet de recueillir des données statistiques sur les vies des personnes LGBTI au Luxembourg et de cibler les besoins et difficultés émanant de la communauté afin d’émettre des recommandations au niveau national et européen.

D’après la dernière enquête de la FRA en 2012, 55% (moyenne UE = 59%) des répondant·e·s LGBT (les personnes intersexes n’étaient pas encore recensées) du Luxembourg ont déclaré avoir été victime d’agressions ou de menaces de violence du fait de leur orientation sexuelle et/ou identité de genre.

Seulement 16% (moyenne UE = 19%) des incidents ont été reportés à la police. Les raisons nommées pour ne pas déclarer les agressions et discriminations sont multiples: crainte que l’incident ne soit pas pris au sérieux, peur de révéler sa sexualité, sentiment d’inaction de la police, méconnaissance des services d’aide, etc.

Dans le domaine de la vie quotidienne et des relations sociales un exemple plus banal nous montre que tenir la main de son/sa partenaire en public n’est pas si anodin quand on est un couple de “même sexe”. Au Luxembourg, seulement 2% (moyenne UE = 3%) des personnes LGBT interrogées ont déclaré que tenir la main d’un·e partenaire de même sexe en public est une pratique “très répandue” dans leur pays, alors que pour les partenaires de “sexe différent” ce geste est perçu comme “très répandu” pour 62% (moyenne UE = 75%).

Qu’il s’agisse de combattre, sur le plan légal, les agressions et les discriminations ou qu’il s’agisse de mettre fin à l’homophobie et à la transphobie ordinaire qui pourrit la vie des personnes LGBTI, il est important d’avoir des chiffres pour savoir de quoi on parle. L’une des questions qui revient sans cesse et à laquelle il est difficile de répondre sans être catégorique, est de savoir s’il existe (encore) de l’homophobie et de la transphobie au Luxembourg. Déjà il faudrait commencer par donner une définition de ce qui constitue un acte ou une parole homo- et transphobe. Puis, il faudrait étudier le contexte dans lequel cet acte ou cette parole se produit, ainsi que son impact sur le vécu individuel de la personne concernée. Finalement il resterait à analyser les moyens d’action que permet la loi luxembourgeoise – à condition que des mesures politiques et légales existent.

Pour pouvoir mesurer et agir, pour promouvoir les droits des personnes appartenant aux minorités sexuelles et de genre, pour donner de la visibilité aux chantiers LGBTIQ+ qui persistent et afin de garantir qu’aujourd’hui comme demain le gouvernement du Luxembourg, ainsi que les autres pays de l’Union Européenne, s’engagent dans la lutte contre les hostilités et la violence envers les personnes LGBTIQ+, nous avons besoin d’informations.

Ami·e·s appartenant à la communauté, allié·e·s et collègues: avant de faire la fête ensemble pour la Luxembourg Pride et pour célébrer le mois des fiertés, nous comptons sur vous – participez à l’enquête, diffusez-la et encouragez votre entourage à participer!»

Pour participer à l’ênquête: tinyurl.com/enqueteLGBTI