LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Coup d’œil sur les possibilités d’alléger sa charge fiscale

Le principe est connu: le calcul de l’impôt se base sur l’ensemble des revenus. Plus les revenus sont élevés, plus le taux d’imposition monte. De quelques pourcents pour les plus faibles revenus, l’imposition marginale peut monter à 39% voire 42% selon les calculs d’un courtier en assurance basé au Luxembourg.

Une série de dépenses déductibles permet de réduire la base des revenus imposables. «En clair, investir 1.000 euros dans une assurance déductible vous permet d’économiser jusqu’à +/- 400 euros d’impôts (qui sinon, seraient «perdus») soit 1.000 euros investis pour +/- 600 euros payés», explique le courtier. Selon ses calculs, un célibataire dont le revenu brut annuel total dépasse 41.850 euros peut économiser 30% soit le montant de son taux marginal d’imposition. Pour un couple marié dont les revenus montent à 88.750 euros, l’économie potentielle est aussi de 30%.

1. Assurance-vie et autres

Pour réaliser cette «économie», quelques dépenses sont néanmoins nécessaires. Ainsi en assurance-vie, des contrats d’épargne ou d’assurance décès offrent une déductibilité fiscale de 672 euros/an et par personne dans le ménage (enfants compris). Pour être déductible, le contrat doit s’étendre sur minimum dix ans. Au terme du contrat, le contribuable peut récupérer la somme épargnée et cela, sans frais ni impôts selon notre interlocuteur. Attention toutefois: ce plafond de 672 euros par an et par personnes concerne aussi les assurances responsabilité civile auto, responsabilité civile privée, complémentaire santé privée et intérêts débiteurs non-immobiliers. Si rien n’empêche de dépasser le seuil, le dépassement n’est toutefois pas déductible.

2. Abriter son épargne

Les produits d’épargne-logement offrent quant à eux une déductibilité jusqu’à 672 euros/an et par personne dans le ménage. Ces primes ont l’avantage d’être flexibles en matière de reprise ou d’arrêt des paiements mais attention, l’argent épargné récupéré sans frais ni impôts ne peut être utilisé que pour son habitation principale. Cela ne concerna pas nécessairement l’acquisition du bien en question mais aussi des frais de travaux ou d’aménagements. A noter que la réforme fiscale de 2017 a doublé le plafond pour les contribuables de moins de 41 ans à 1.344 euros.

3. Une deuxième pension

Les produits d’épargne pour une pension complémentaire privée sont déductibles jusqu’à 3.200 euros par an et par contribuable. La somme économisée est récupérée au terme du contrat avec des intérêts cumulés. Elle peut être versée soit sous forme de capital, soit sous forme de rente viagère ou bien en combinaison mixte. Mais attention, pour être déductible, le contrat doit avoir couru sur minimum dix ans et le bénéficiaire doit être âgé d’au moins 60 ans. En outre, cette pension complémentaire privée diffère de la pension complémentaire souscrite via son employeur qui, elle, permet une déductibilité de 1.200 euros par an. Mais les deux formules sont cumulables.

A noter que les plafonds de ces trois types de produits sont cumulables et que les primes sont déduites de la dernière tranche du revenu imposable. Selon notre interlocuteur, il est donc possible de récupérer jusqu’à 40% d’impôts en partant du principe qu’un euro est investi pour 0,60 euro payé.

A chacun son calcul

Un contribuable n’est pas l’autre, gare aux conclusions hâtives

Le mois de mars est loin d’être le plus calme pour les cabinets comptables qui voient les demandes des contribuables croître, bien que le Premier ministre Xavier Bettel ait annoncé dimanche le report de l’échéance pour la remise des déclarations fiscales à la mi-mai. «On sent que la pression de l’Etat s’est intensifiée depuis deux ans, maintenant les gens craignent des amendes en cas de retard», nous confie un comptable basé dans l’ouest du Grand-Duché. En 35 ans de métier, il dit n’avoir jamais été confronté à une sanction financière à l’encontre d’un particulier mais par contre, en matière de lutte contre le blanchiment d’argent, les sanctions sont plus fréquentes observe-t-il.
Pour optimiser sa fiscalité, les produits d’assurance sont effectivement une option. Mais est-ce que le jeu en vaut la chandelle? «Si on commence à 25 ou 30 ans, oui. Mais à 60 ans, on n’est pas forcément gagnant», souligne notre interlocuteur.
Certains investissements peuvent générer de belles déductibilités comme l’immobilier. Acheter un appartement neuf par exemple pour le mettre en location permet de déduire les intérêts de l’emprunt mais aussi toute une série de frais comme les assurances, les dépenses d’entretien, etc. Dans la mesure où les prix de la brique ne cessent d’augmenter au Luxembourg, une revente génère une plus-value mais dans ce cas, mieux vaut attendre un délai de deux ans afin de bénéficier d’un demi taux global d’imposition. Enfin, il existe selon notre source des contribuables qui envisagent de faire un enfant pour agrémenter leur situation fiscale. Les allocations familiales et la hausse des plafonds de déductibilité figurent parmi les avantages souvent entendus, sans oublier l’octroi des chèques-services, de la gratuité des crèches et de l’allocation de naissance. Gare néanmoins à ne pas oublier qu’au fil du temps, les besoins financiers et matériels des progénitures augmentent, pointe notre interlocuteur. CK