LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Trois études se penchent sur différents fonds alternatifs - tous en pleine croissance

Ils ne représentent «que» 17% du total des actifs sous gestion domicilié au Luxembourg, mais les fonds alternatifs régulés ont le vent en poupe, à en croire trois études dévoilées mercredi par l’Association Luxembourgeoise des Fonds d’Investissement (ALFI) dans le cadre de sa conférence dédiée à deux de ces types de fonds: ceux de capital-investissement et ceux d’immobilier.

Différents facteurs expliquent ce phénomène, comme la diversification des investissements, les besoins accrus de financement de la part des PME mais aussi pour les grandes infrastructures européennes.

«L’industrie mondiale des fonds d’investissement alternatifs devrait plus que doubler sur les cinq prochaines années et plus de ¾ des investisseurs s’attendent à accroître leur allocation sur ces alternatives», souligne la présidente de l’ALFI, Corinne Lamesch. «Nous pensons que les fonds alternatifs domiciliés au Luxembourg sont en bonne position pour tirer parti de cette croissance des intérêts et des investissements», complète-t-elle.

Les fonds de capital-investissement: 148 milliards d’euros

En matière de capital-investissement (ou «private equity»), les actifs sous gestion dans ces fonds atteignent cette année 148 milliards d’euros au Luxembourg, selon une étude de Deloitte, soit 19% de hausse annuelle. Particularité, le nombre de ces fonds dépassant le milliard d’euros a doublé à 36 unités, soutenus notamment par la présence accrue de gestionnaires anglo-saxons au Grand-Duché. Ainsi, les gestionnaires venus des Etats-Unis pèsent à présent 8% de ces fonds en capital-investissement au Luxembourg. «Une nouvelle tendance est en train d’émerger», souligne Arnaud Bon, directeur chez Deloitte Luxembourg qui ajoute que si le secteur a connu une hausse des coûts règlementaires et des inquiétudes avec l’arrivée de la directive AIFMD, il est monté à bord du train de la mise en conformité. «Le standard luxembourgeois AIFMD est en train de devenir une référence en dehors du Luxembourg», assure le responsable de Deloitte.

Les fonds de dette privée: 56 milliards d’euros

Le cabinet KPMG s’est pour sa part penché sur les fonds de dette privée et constaté une croissance des actifs sous gestion de 14,5% à 56 milliards d’euros. Ces fonds, résolument dotés d’une approche multi-pays, se prêtent aisément au cadre luxembourgeois résolument transfrontalier. Particularité, les stratégies d’emprunt direct ont doublé pour atteindre 32% du marché de la dette privée. Mais ce qui préoccupe le plus le secteur, c’est la tendance aux fonds durables (ESG). «Pour être en ligne avec les critères ESG, les gestionnaires d’actifs vont devoir investir», note David Capocci, «Head of Alternative Investments» chez KPMG Luxembourg. Si le Luxembourg a déjà une longueur d’avance en la matière avec notamment l’agence de labellisation LuxFLAG, les regards se tournent désormais vers Bruxelles où une taxonomie des fonds verts devrait voir prochainement le jour pour l’ensemble des pays membres de l’Union européenne.

Les fonds immobiliers: 82 milliards d’euros

Et puis, l’ALFI a fait le point sur les fonds immobiliers avec une étude réalisée par ses soins qui montre que leur nombre a été multiplié par deux en un an pour atteindre 63 unités. En matière d’actifs sous gestion, la croissance monte à 17,7% pour atteindre 82,2 milliards d’euros. «Le Luxembourg reste le domicile des gestionnaires», note Marc-André Bechet, directeur général adjoint de l’ALFI en charge des volets juridique et fiscal. «Plus la structure se complexifie, plus les gestionnaires d’actifs sont susceptibles de venir au Luxembourg», relève-t-il. Cette catégorie connaît un essor à la fois des fonds alternatifs régulés (+51%) et des fonds non-régulés dont le lancement a été multiplié par 1,5 en un an.

«On voit une part importante de véhicules non régulés», constate Corinne Lamesch parmi les tendances émergentes. A noter qu’à la fin septembre, le Luxembourg comptait 3.807 fonds d’investissement avec 14.823 unités. Les actifs nets sous gestion s’élevaient à 4.569,99 milliards d’euros soit 6,7% de plus sur un an.

www.alfi.lu