LUXEMBOURG
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Le LISER étudie la métropolisation luxembourgeoise

De 0,3% à la fin des années 1960 à 8,7% des actifs lorrains en 2013: un bond qui témoigne de la mise en place du processus de métropolisation luxembourgeoise qui a gagné en ampleur depuis les années 1990. Dans une nouvelle étude, le «Luxembourg Institute for Socio-Economic Research» contemple à la loupe les données françaises sur la proportion de frontaliers dans les communes des départements de Moselle, de Meurthe-et-Moselle et de la Meuse.

A noter que l’étalement géographique des lieux de résidence des frontaliers français travaillant au Luxembourg se manifeste d’abord par l’évolution du nombre de communes qui les accueillent : sur un total de 1.824 communes en 2013 au sein des trois départements, 153 étaient en 1968 habitées par des frontaliers, contre 642 en 2013, soit plus du tiers des communes.

Rappelons que parmi les 187.800 frontaliers qui viennent travailler tous les jours au Grand-Duché, les frontaliers français constituent le plus important contingent avec plus de 95.000 actuellement. De l’analyse dégage aussi que le centre de gravité autour des communes accueillant le plus de frontières a par ailleurs tendance à se déplacer: alors qu‘il était davantage situé vers Thionville à la fin des années 1960, avec une ellipse de dispersion tiraillée par Longwy au nord, ce centre de gravité a tendance à se déplacer vers le sud pour rejoindre l’agglomération messine en 2013, avec une forme d’ellipse plus large et massive.

Niveau de qualification en hausse

Le LISER a par ailleurs analysé aussi les caractéristiques sociodémographiques des frontaliers résidents à Metz, Thionville et Longwy. Il apparaît globalement que le niveau de qualification des travailleurs s’est élevé dans les années 1990, ce qui correspond au début de la phase de métropolisation luxembourgeoise et au début de l’accroissement des frontaliers favorisés.

A noter qu’à l’exception de Thionville et de Metz, la proportion et les effectifs des classes défavorisées restent cependant plus nombreux que ceux des classes favorisées. Favorisé, défavorisé: il s’agit là d’une notion utilisée au regard de la facilité d’accès à l’emploi dans un contexte de métropolisation trans- et internationale. Il s’avère que Thionville et Metz sont deux catégories spatiales dont la démographie des actifs frontaliers est particulière : ce sont à la fois celles où les diplômes du supérieur sont les plus nombreux et celles qui accueillent autant (Thionville), voire plus (Metz) de frontaliers favorisés que défavorisés.


L’étude intégrale: journals.openedition.org/eps/7263