LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Le Statec se penche sur l’impact des non-résidents dans la balance des paiements

Ce n’est un secret pour personne: un poste sur deux au Luxembourg est occupé par un non-résident. Les plus nombreux sont les habitants de la France qui représentent 52% des 192.070 frontaliers recensés par le Statec l’an passé. Dans une étude diffusée vendredi, l’institut souligne l’écart des rémunérations selon leur pays de résidence. Ainsi, un Français gagne en moyenne 18% de moins qu’un frontalier belge. S’ils ne représentent que 24% des frontaliers, les résidents d’outre-Kleinbettingen sont les mieux lotis avec en moyenne 59.476 euros par an, soit 4% de plus que les frontaliers allemands. L’institut de statistiques explique ces écarts par la «spécialisation» des frontaliers dans certains secteurs. Ainsi, les frontaliers français sont statistiquement plus jeunes et surreprésentés dans l’Horesca et le commerce, des secteurs réputés moins rémunérateurs. Ils gagnent en moyenne 48.845 euros par an.

Cet écart n’empêche cependant pas la population frontalière française de croître. Entre 2005 et 2018, elle a gonflé de près de 40.000 personnes pour atteindre quasi 100.000 personnes. Quant à la population frontalière dans son ensemble, elle a progressé de 63% en treize ans avec un rythme moyen annuel de 3,7%.

Vivre au Luxembourg, travailler à l’étranger

L’an dernier, le Luxembourg a versé 11,5 milliards d’euros aux frontaliers et a reçu 1,6 milliard d’euros de la part des frontaliers sortants. Ceux-ci sont quinze fois moins nombreux que les entrants, avec 12.783 personnes recensées. Mais sur cet ensemble, seuls 1.501 vont effectivement travailler dans l’un des trois pays limitrophes tout en étant résident luxembourgeois. La majorité, soit 88% des frontaliers sortants, travaille en fait au Luxembourg mais pour des institutions européennes et internationales. Leurs flux de rémunération ne sont pas considérés dans la balance des paiements du Luxembourg.

Le Grand-Duché n’est pas le pays le plus concerné par ces flux particuliers: en Belgique, les résidents ont touché 3,8 milliards d’euros de rémunérations en 2017 de la part des institutions européennes, soit plus du double qu’au Luxembourg (1,4 milliard d’euros). A noter enfin qu’en Europe, le Luxembourg se classe troisième de l’emploi transfrontalier derrière la Suisse et l’Allemagne.