VILLERUPT
CHRISTIAN SPIELMANN

Petit bilan du premier weekend au Festival du Film Italien de Villerupt

Le premier weekend du Festival du Film Italien à Villerupt était il y a quelques années encore la période la plus tranquille. Les gens attendaient les critiques des médias ou de leurs amis et collègues. Maintenant, ces habitudes ont changé. La première séance d’un film en compétition, «Nevia» de Nunzia De Stefano, était déjà bien remplie vendredi après-midi. Et les deux jours suivants, il y avait des séances qui affichaient complet.

Le meilleur de la compétition

Des films en compétition, «Il Campione» de Leonardo D’Agostini se démarque sur plusieurs longueurs. Le film raconte comment le président de l’AS Roma (Mario Sgueglia) impose à Christian Ferro (Andrea Carpenzano), le meilleur joueur du club mais aussi le plus rebelle et imprévisible, de passer son bac avec l’aide du professeur Valerio Fioretti (Stefano Accorsi). Carpenzano est absolument admirable dans ce rôle d’enfant terrible opposé à un homme que la vie a déçu et qui est le contraire du jeune rebelle. Ce film est à voir absolument.

En deuxième place arrive «Nevia» qui est porté par la jeune actrice Virginia Apicella qui joue le rôle-titre. Nevia vit avec sa sœur Enza (Rosy Franzese) chez leur grand-mère Nanà (Pietra Montecorvino) qui se fait un peu d’argent en trafiquant avec des petits criminels du quartier, ou en aidant les gens dans leurs travaux quotidiens. Elle trouve soudainement plaisir à travailler dans un petit cirque. L’aspect positif qui se dégage de la vie pas loin de la misère de cette jeune fille est remarquable.

Des quelques films hors compétition vus, se démarque «Il testimone invisibile» de Stefano Mordini qui est le remake du film espagnol «Contrattempo» d’Oriol Paulo (2016). Adriano Doria (Riccardo Scamarcio) est accusé du meurtre de sa maîtresse Laura (Miriam Leone). Virginia Ferrara (Maria Paiato), une experte pour des cas désespérés, vient l’interroger sur tous les détails de cette affaire. Mordini a réalisé un beau suspense qui va surprendre.

Le moins bien

Dans «Lucania» de Gigi Roccati on retrouve Angela Fontana qui a visité le festival avec sa sœur jumelle Marianna en 2016 pour présenter le film «Indivisibili» d’Edoardo De Angelis. Elle joue Lucia qui vit avec son père Rocco (Giovanni Capalbo) quelque part en Basilicate. Lucia n’a plus parlé depuis la mort de sa mère (Maia Morgenstern). Elle la voit encore et se laisse guider par ses conseils dans sa vie quotidienne. Rocco se voit offrir beaucoup d’argent pour vendre sa propriété par Carmine (Pippo Delbono). Un soir, il tue un intrus et en blesse un autre, le fils de Carmine. Le film traite alors de la fuite du père et sa fille dans une région détruite par les déchets toxiques répartis dans la nature par des malfrats avides d’argent vite gagné. Le réalisateur oublie cependant de concrétiser ses propos.

«Sole» de Carlo Sironi a du potentiel pour un court métrage réparti sur 102 longues minutes. «Gelsomina Verde» de Massimiliano Pacifico est une combination de théâtre et de documentaire où manquent beaucoup d’informations. Dans «La Rivoluzione» de Joseph Troia, on cherche en vain la logique dans les actions de trois jeunes prêts à révolutionner la société. «La scomparsa di mia madre» de Beniamino Barrese est un documentaire un peu lourd sur l’ex-mannequin Benedetta Barzini. Finalement, «Rosa» de Katja Colja traite d’une façon pesante d’un couple âgé qui a décidé de se séparer car ils n’ont plus rien à se dire.

A nouveau, on retrouve de tout dans la programmation du festival de Villerupt qui se terminera le 11 novembre. Un autre choix a été fait, c’est celui de remettre l’Amilcar de la ville de Villerupt au producteur Angelo Barbagallo.