LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

La formation DIMAS permet aux lycéens de découvrir le monde de l’aéronautique

Derrière l’acronyme DIMAS, se cache la porte qui va permettre à plus d’une centaine de lycéennes et lycéens luxembourgeois de découvrir le monde aéronautique dans le cadre d’un atelier optionnel de leur scolarité. Quatre lycées participent à l’opération: le Lycée Aline Mayrisch, le Lënster Lycée de Junglinster, le Lycée Classique de Diekirch, et le Lycée technique Emile Metz.

Le Diplôme d’Initiation aux Métiers Aéronautiques et Spatiaux est le digne héritier du Brevet d’Initiation Aéronautique français, le BIA. Créé après la Seconde Guerre Mondiale pour faire face aux besoins urgents du secteur et susciter chez les jeunes le goût de l’aviation, ils sont aujourd’hui 15.000 chaque année en France à participer à cette activité en constante progression.

L’objectif est assez simple: faire découvrir aux élèves tous les secteurs de l’aéronautique (pilote, ingénieur, contrôleur aérien, météorologue, maintenance, logistique, sécurité…) pour leur montrer une voie à laquelle ils n’avaient pas pensé, et les motiver pour la suite de leurs études. L’aviation donne du sens aux apprentissages, en rendant concret ce que l’on apprend en classe. Le DIMAS est ainsi une aide à l’orientation scolaire pour les élèves intéressés, et il est sanctionné par un examen en fin d’année. Cette première promotion DIMAS a été baptisée du nom d’un célèbre aviateur luxembourgeois: Lou Hemmer.

Les jeunes lycéens consacrent ainsi deux heures par semaine, tous les mercredis après les cours. Le cursus fait au total une cinquantaine d’heures. Pas de quoi effrayer les jeunes qui sont tous volontaires. Lara Nuremberg est en 4e, elle qui s’intéresse à la météorologie, le DIMAS est une option qui l’a grandement intéressé: «Moi c’est la météorologie que je veux découvrir, mais nous allons toucher à tous les métiers qui sont en rapport avec l’aviation. En plus à la fin nous allons passer un test qui va valider la théorie et nous permettre d’éventuellement passer le brevet de pilote par la suite». De quoi rendre fier son papa qui est lui-même pilote de montgolfière, malgré l’intensité des cours: «C’est surtout de la théorie, donc c’est parfois difficile, mais je suis motivée», explique la jeune femme qui fait partie d’un groupe d’une vingtaine de jeunes qui ont intégré ce cours optionnel.

Chris Max est lui aussi motivé. Pour ce lycéen, l’aviation est un rêve d’enfance: «Cela me fascine depuis que je suis petit, je rêve de passer le brevet de pilote, et c’est une première étape», même si en ce début d’année les cours ne le passionnent pas encore tout à fait: «pour le moment c’est surtout de l’histoire, j’attends la partie technique avec impatience», raconte le jeune homme.

C’est en 2016 que le BIA est devenu DIMAS au Luxembourg. Sous l’impulsion du Proviseur du Lycée Vauban, Michel Hiebel, lui-même pilote, une section BIA avait été ouverte en partenariat avec la «Luxemburg Flight Training Academy» basée au Findel. Le dispositif avait trouvé écho auprès du Ministère de l’Éducation Nationale, et Claude Meisch était venu en personne au Findel pour la remise des certificats de vol de cette première promotion. Il avait à l’époque émis le souhait que les élèves luxembourgeois puissent bénéficier un jour d’une proposition similaire. Entre temps, Michel Hiebel a intégré le SCRIPT (Service de Coopération de la Recherche et de l’Innovation Pédagogique et Technologique), et avec l’accord de son directeur Luc Weis, et le soutien indéfectible de Marc Rasqin et Christophe Englebert de LFTA, les premières bases du DIMAS ont été définies. Les travaux se sont poursuivis tout au long de l’année scolaire 2017/2018, pour aboutir au DIMAS qui se démarque de son homologue, le BIA.

À commencer par le programme d’études qui représente plus de 40 heures de cours sur l’histoire de l’aviation, la météorologie, l’aérodynamique, l’étude des aéronefs et engins spatiaux, la navigation et de la réglementation aérienne. Tout cela complété par des visites d’installations, et une partie pratique en vol pendant laquelle l’élève prendra les commandes d’un avion en compagnie d’un instructeur pour une navigation frontalière. Ce qui caractérise le DIMAS, c’est que de nombreux acteurs du monde aéronautique au Grand-Duché se sont d’emblée portés volontaires pour accompagner les lycéens dans leurs aventures: Cargolux, LuxAirport, Société Européenne des Satellites (SES), Luxair, Air Rescue, Héli-Luxembourg, la Direction de l’Aviation Civile (DAC), l’Administration de la Navigation Aérienne (ANA), qui contribuent à apporter leurs compétences professionnelles au service des jeunes élèves luxembourgeois. Une convention a été signée dans ce sens le 24 septembre dernier