LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Les technologies de l’information et de la communication recrutent massivement, montre une enquête de la Fedil

Ce n’est un secret pour personne, les technologies de l’information et de la communication (TIC) sont un domaine porteur en matière d’emploi. Ainsi dans les deux années à venir, les entreprises prévoient près d’un millier d’embauches dans ce secteur selon une étude menée par la Fedil et l’ABBL. Cette prévision est la plus élevée depuis 2002, selon la Fedil qui fait aussi état d’un bond de 40% des prévisions d’embauches par rapport à 2018.

«On se dirige vers un futur digital», a commenté mardi devant la presse Claude Meisch, ministre de l’Education nationale. L’enquête menée par voie électronique couvre les secteurs de l’industrie manufacturière, de la construction et des services financiers.

Des études qui comptent

A côté du rôle de baromètre économique, cette étude vise aussi à prendre le pouls de l’offre actuelle en matière d’éducation et de formation. «Notre objectif, c’est d’abord d’avoir une bonne coïncidence entre l’offre et la demande de main d’œuvre sur le marché local», a expliqué René Winkin, directeur de la Fedil. Actuellement au Luxembourg, cinq formations professionnelles dédiées aux TIC sont dispensées dans une série de lycées, ainsi que deux diplômes de fin d’études secondaires, six brevets de techniciens supérieurs, quatre bachelors et trois masters.

Néanmoins, l’étude montre que le niveau Bac+2 est un minimum requis dans 92,2% des cas. Et dans 85% des prévisions, les formations universitaires sont les plus recherchées avec un penchant marqué pour le niveau de master et de doctorat qui pèse 56,6%, loin devant le bachelor (32,5%).

«L’Université du Luxembourg est à l’écoute des besoins du marché local du travail mais ce n’est pas le seul acteur», a pointé le ministre de l’Education nationale. S’il importe que les plus jeunes s’orientent vers des études prometteuses en matière d’employabilité, force est de constater que la demande locale en main d’œuvre excède largement l’offre de diplômés disponibles. Les recrutements à l’étranger - entendez par là dans l’Union européenne et même au-delà - sont légion dans le secteur des TIC. «C’est un phénomène général», a admis René Winkin pour qui il est clair que l’«on n’arrivera jamais à combler les besoins avec l’offre locale».

Si le secteur recrute, il recrute surtout pour des postes nouvellement créés: ceux-ci représentent près de 70% de la demande, un taux stable par rapport à la précédente mouture de l’étude.

Celle-ci a été menée auprès de 168 entreprises soit un taux de réponse d’environ 30%. En juin 2019, le secteur des TIC occupait près de 21.000 personnes au Luxembourg soit l’un des chiffres les plus élevés dans les pays de l’OCDE.

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