METZ
JEAN-PIERRE COUR

Les 39 propositions de la CGPME pour relancer la machine présentées à Metz

François Asselin, le président de la CGPME (Confédération générale du patronat des petites et moyennes entreprises), était l’invité des présidents CGPME de la région ALCA (Alsace-Lorraine-Champagne/Ardenne) et tout particulièrement de Philippe Guillaume, vice-président de ce syndicat patronal dont l’entreprise est basée à Metz. Pour sa part, François Asselin venait rendre compte ici de sa rencontre récente avec le Premier-ministre Manuel Valls, le ministre de l’économie, Emmanuel Macron et le ministre du travail, François Rebsamen auxquels il a présenté 39 propositions pour débloquer l’emploi et rassurer, dans le même temps, les petits patrons. Dans la région ALCA, la CGPME représente 170.000 adhérents sur les 400.000 PME recensées. Le patron des petits patrons a présenté devant cet aréopage ministériel des propositions dont beaucoup portaient sur une libéralisation des indemnités de rupture aux prud’hommes en cas de désaccord. C’est globalement la colonne vertébrale des propositions de la CGPME au gouvernement.

L‘embauche, une hantise pour beaucoup d‘entrepreneurs

Pour François Asselin, si l’emploi ne décolle pas en France par rapport aux autres pays européens qui entourent l’hexagone, la faute en revient à une législation trop protectrice des employés qui peut mettre, en cas de désaccord profond, une entreprise sur la paille une fois que le jugement des prud’hommes a été donné (généralement à l’avantage de l’employé).

Pour la CGPME, il s’agit en premier lieu de limiter le montant de ces indemnités qui peuvent atteindre des sommes astronomiques. A cause de cette crainte, et selon François Asselin, les petits patrons ont aujourd’hui en France, la hantise d’embaucher. Ceci à tel point que 55% des PME n’ont aucun employé. «C’est un frein à l’embauche. Il faut absolument faire disparaître le plafond de verre des seuils sociaux qui freine l’emploi. L’embauche aujourd’hui est trop anxiogène pour les petits patrons», ajoute-t-il.

Revenir vers le droit romain

Il ajoute: «Sans remettre en cause les traditions françaises de protection du personnel, il faut revenir vers le droit romain qui est plus humaniste et moins radical que le droit anglo-saxon. Il faut réinstaurer une contractualisation entre deux être humain et non plus en fonction de critère purement juridique et administratif. Il faut réinventer le lien social et le dialogue social aujourd’hui complètement pétrifié. La surprotection des employés fait l’effet contraire à celui désiré. Les partenaires sociaux ont tissés des toiles dont nous sommes tous prisonniers. De toute façon, plus personne ne connaît dans son intégralité le «droit du travail» en France. Il est trop lourd et trop complexe. Pourtant, ici, personne n’est sensé ignorer la loi. Il faut donc changer les contrats de travail, favoriser l’employabilité grâce au«passeport sécurité» payé par les entreprises qui forme les personnels en deux semaines maximum, en amont de l’emploi, aux règles de sécurité spécifiques de l’entreprise. Bref, il faut que l’on arrête de voir l’emploi de personnels comme un risque. Ici, en tant que représentants patronaux, nous avons deux défis à prendre en compte concernant la CGPME: garder la proximité; ne pas lâcher de terrain et, deuxièmement, coller à la nouvelle organisation administrative de la France. Tout est en place pour que la croissance reprenne mais il nous faut plus de croissance que les autres pays européens parce que l’emploi régresse. Il est donc impératif de revoir de toute urgence le contrat de travail et, je le répète, rendre obligatoire la barémisation des indemnités de rupture au Prud’hommes».