MUNSBACH
CATHERINE KURZAWA

La Moutarderie de Luxembourg commercialise cinq types de sauces, toutes fabriquées à Munsbach

Depuis 1922, on peut dire que la sauce prend pour la famille Munhowen. Aux commandes de la Moutarderie de Luxembourg, Yann Munhowen représente la 4ème génération de cette entreprise familiale qui met un accent à la fois sur la tradition mais aussi sur l’innovation.

Arrivé en 2001 dans la société, le Luxembourgeois a d’abord pris le temps d’observer avant de passer à l’action. En 2014, la gamme se dote d’une nouvelle identité visuelle avant une extension. Outre la moutarde et la mayonnaise, l’entreprise se lance voici cinq ans dans la production de ketchup et de sauce andalouse. L’an dernier, la sauce BBQ voit le jour.

Moutarde et mayonnaise en tête

«Il ne s’agit pas d’inventer un goût complètement nouveau, mais de développer des recettes qui nous plaisent, et surtout aux consommateurs», souligne Yann Munhowen qui insiste sur la dimension artisanale de son activité. Le Luxembourgeois dit prendre en compte les tendances du marché et la concurrence.

445 tonnes de sauces sont sorties l’an dernier de sa ligne de production, dont 54% de moutarde et 22% de mayonnaise. Si pour la première la recette est inchangée depuis 1922, quelques adaptations et déclinaisons ont été apportées à la mayonnaise pour adapter son goût et sa texture à la tendance du marché.

Quant au ketchup, qui représente actuellement 10% de la production de la société, sa couleur rouge foncée et son goût particulier semble avoir trouvé son public, au point d’éveiller l’attention de la marque américaine leader du marché. «On n’imaginait pas qu’on aurait un tel succès avec le ketchup», explique sourire aux lèvres le directeur. La concurrence a d’ailleurs répliqué à coup de promotions dans les supermarchés du Luxembourg. «On ne veut pas brader nos produits», réplique Yann Munhowen.
Celui-ci qualifie le marché des sauces de «très concurrentiel». Pas facile dans ce contexte d’exporter ses produits tant le prix est un paramètre déterminant sur lequel les gros distributeurs font pression. «Notre point fort, c’est la qualité. Nous ciblons notamment les épiceries fines, mais pensons avoir aussi une place dans les rayons des supermarchés», souligne-t-il.

Sur son marché domestique, l’appétit prononcé des enseignes de grande distribution pour des produits «made in Luxembourg» fait les affaires de la Moutarderie. Elle revendique une hausse annuelle de 15% de sa production et de son chiffre d’affaires, à 2 millions d’euros pour 2018.

En cette saison estivale ponctuée de nombreux barbecues et évènements en plein air, la production bat son plein à Munsbach où sept (et bientôt huit) salariés s’affairent. Entre la moutarde mi-forte, forte, à l’ancienne et biologique, la gamme se décline ensuite en conditionnements variés selon les besoins des clients, qu’ils soient professionnels ou particuliers. Pour la moutarde bio, vendue sous l’étiquette BIOG, les graines utilisées proviennent non pas du Canada comme le reste de la gamme mais du Luxembourg. Quant aux autres ingrédients, ils proviennent, dans la mesure du possible, du Luxembourg ou des pays voisins. «Les gens sont demandeurs de cette proximité, c’est important pour nous d’y répondre», pointe le responsable.

Celui-ci a d’ailleurs noué quelques alliances avec d’autres marques luxembourgeoises pour produire des moutardes en édition limitée. De la sauce au riesling de Vinsmoselle à de la moutarde à la bière Simon, il y en a pour tous les goûts.

Dans un avenir proche, l’heure est à la consolidation de la gamme plutôt qu’à son expansion: «Lancer une nouvelle sauce chaque année, ce serait trop», admet le directeur. Ce dernier reste à l’écoute du marché et a d’ailleurs réalisé l’an dernier un sondage sur les attentes des consommateurs. Leur verdict: «Les sauces cocktail et aïoli sont les plus intéressantes». Mais il faudra encore développer, affiner et valider les recettes avant de les produire et de les distribuer. La Moutarderie de Luxembourg n’entend pas laisser le marché sur sa faim mais se donne le temps de répondre aux attentes et veut tenter de se développer à l’étranger, en particulier du côté allemand. Actuellement, moins de 2% de ses volumes de production sont écoulés à l’étranger.

www.moutarderie.lu