LUXEMBOURG
OLIVIER ROUSSEAU

Yossif Ivanov, violoniste, et Larisa Faber, récitante, ont collaboré avec les SEL

C’est un beau voyage dans le temps, dans notre passé, dans l’ailleurs, que nous ont offert les Solistes Européens Luxembourg: un voyage – musical – au pays des contes de fées. Un pays d’émerveillement, un pays de peur quand les sorcières semblent triompher, un pays de réconfort quand les méchants sont punis et que les princesses épousent leurs princes pour être toujours heureux! Un pays de tendresse dans la mesure où ces contes nous étaient racontés ou lus par des êtres chers. Des moments de bonheur. Sans compter leurs effets souterrains qu’a si bien mis en évidence leur analyse psychanalytique par Bruno Bettelheim par exemple.

Des compositeurs ont eux aussi voulu, dans leurs partitions, nous donner à vivre et à revivre ces enchantements-là. Certains étaient au programme lundi soir à la Philharmonie.

Ainsi le Prélude d’«Hänsel und Gretel» d’Engelbert Humperdinck, une œuvre plus que régulièrement interprétée au moment des fêtes de Noël, et qui multiplie les évocations enchanteresses… avant et après nous avoir fait trembler d’inquiétude.

Ensuite, le «Poème pour violon et orchestre, opus 25» d’Ernest Chausson. Comme l’a écrit un musicologue, «l’une des pièces prestigieuses du répertoire concertant pour le violon, investie de la plus haute poésie et propre à exercer sur l’auditeur une fascination sonore proche de l’envoûtement». Quant à «Tzigane, rapsodie de concert pour violon et orchestre» de Maurice Ravel, c’est une pièce de virtuosité redoutable. Mais le violoniste Yossif Ivanov s’est «joué» de ces deux partitions, superbe de maitrise technique et de musicalité, menant un beau dialogue avec l’orchestre.

Pour suivre, et c’est une tradition chez les SEL, la création mondiale-commande du Ministère de la Culture d’une œuvre d’un musicien luxembourgeois. Cette fois, Gast Waltzing, un musicien qui excelle dans la musique en «tous genres», qu’elle soit classique, jazz ou «d’aujourd’hui». Il nous a emporté avec son «Princesses don’t grow old». En conclusion, «Ma Mère l’Oye» de Maurice Ravel, enrichie des interventions d’une narratrice talentueuse, Larisa Faber, qui a nourri du contrepoint des mots les épisodes de la partition: «La Danse du Rouet», «La Pavane de la Belle au Bois Dormant», «Entretiens de la Belle et de la Bête», «Petit Poucet», «Laideronnette, Impératrice des Pagodes», «Le Jardin féerique». Ce concert des SEL, un «enchantement» !