LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

La Chambre des Métiers a proposé à la Cour grand-ducale de renouveler ses verres de représentation en utilisant le savoir-faire luxembourgeois

Pari gagné. La Chambre des Métiers a réussi à reproduire une série de verres utilisés pour les réceptions officielles de la Cour grand-ducale. Il s’agit d’une reproduction de quatre collections de verres historiques (vers 1899) en cristal pour 250 convives, ornés d’or et des armoiries du Grand-Duc Adolphe. Un défi quand on sait que les dernières éditions commençaient à dater. «Les verres se cassent à force. J’ai entendu dire que la Cour commençait à manquer. J’ai donc eu l’idée de leur proposer ce projet, une véritable mission pour promouvoir l’artisanat luxembourgeois», explique Tom Wirion, directeur de la Chambre des Métiers, qui a dû bien sûr attendre le feu vert de la Cour pour démarrer le projet.

C’est la Chambre des Métiers qui s’est occupée de la coordination pour trouver les bons artisans, aidée par une cohorte d’entreprises qui ont fait office de généreux donateurs afin de promouvoir l’excellence luxembourgeoise. «Il a fallu commencer par les moules, le bois puis la fonte ont été écartés du à la finesse des verres que nous recherchons. Puis nous avons trouvé chez Saturn Technologies à Sandweiler le partenaire idéal qui a réalisé les moules grâce à une imprimante 3D», poursuit le directeur. Le résultat est double puisque les verres ont pu être facilement réalisés grâce à ses moules, mais c’est aussi un symbole de modernité de faire appel à une société qui utilise ces technologies modernes comme la 3D.

Puiser dans la réserve de talents nationaux

Une fois que les moules étaient réalisées, il a fallu trouver l’artisan pour souffler les verres, la partie la plus délicate. Dans cette optique de puiser dans la réserve de talents nationaux, la Chambre des Métiers a trouvé une solution en faisant appel à l’artiste Pascale Seil, souffleuse de verre professionnelle à Berdorf. Les dorures ont été également réalisées au Luxembourg, mais ce sont les gravures qui ont posé le plus de retors aux équipes de Tom Wirion. «Il est très rare de trouver des artisans dans ce domaine, et malheureusement nous n’en avons pas trouvé localement».

Les gravures ont donc été réalisées par un artisan allemand qui sillonne les salons de la Grande Région, il n’est donc pas complètement étranger au Grand-Duché, ce qui donne un clin d’oeil finalement à l’aspect très divers de la main d’oeuvre au Luxembourg, très largement soutenu par les travailleurs frontaliers. Les premiers verres ont été présentés au Grand-Duc le 6 juin dernier, avant la cérémonie officielle qui a eu lieu hier: «Il est venu découvrir les verres dans l’atelier même, et il était extrêmement touché de découvrir cette nouvelle collection», raconte Tom Wirion. A noter que les verres seront offerts au Grand-Duc Henri en vue de leur utilisation lors des visites d’État et de célébrations importantes.