LUXEMBURG
SIMON LAROSCHE

Dwen Guerbert pratique le «Downhill Longboard» au Luxembourg,l’un des sports de glisse les plus rapides et dangereux au monde

Depuis quelques années maintenant la vente des longboards est en nette hausse dans le monde entier. Dorénavant on peut parler d’un vrai phénomène de mode dans les agglomérations urbaines. Au Luxembourg aussi, on aperçoit de plus en plus de ces planches longilignes, inventées dans les années 1970 par le même peuple du surf, qui, une décennie auparavant, avait déjà mis au monde le skateboard version classique. Comme dans le milieu du surf, la planche longue se prête mieux aux sensations dans les courbes et les trajectoires que son petit frère plus court, utilisé, lui, plutôt pour des tours d’adresse complexes. La grande majorité des adeptes de longboard passent leur temps à rouler sur des routes ou des endroits plats ou légèrement en pente. C’est le sentiment de«cruiser», c’est-à-dire rouler longuement et calmement en mettant le moins souvent que possible le pied par terre. Mais il y a aussi une version plus dingue du longboard, appelé le «Downhill Longboard». Ici, pas de promenades peinardes, la descente à toute vitesse est de mise. Pour pratiquer cette variante à sensations fortes, casque, genouillères, autres objets de protection corporelle et avant tout une bonne dose de courage sont absolument conseillés. Un des «riders» Downhill les plus connus au Luxembourg est le DJ et responsable dans l’évènementiel Dwen Guerbert. Ce passionné de snowboard de 38 ans pratique le longboard depuis environ deux ans seulement. Actuellement on peut le voir surprendre les habitants de Luxembourg-Ville en descendant à une vitesse ahurissante la Montée de Clausen ou la Route de Trêves entre Clausen et Cents. Même pas peur!

Comment tu t’es mis au «Downhill Longboard» ?

DWEN GUERBERT Il y a deux ans, j’ai connu ça à Seignosse sur la côte Atlantique française. Auparavant je faisais déjà du skate «street» plus classique, dans les skateparks. Vu mon âge, je me suis redirigé vers des sports de glisse avec plus de sensations. J’ai trouvé le longboard le plus adéquat pour moi. J’avais découvert ce sport à travers des videos mais aussi à cause d’une compétition majeure en Belgique, qui s’appelle «Wallon Wheel» et qui propose quatre kilomètres de descente. C’est un sport qui explose depuis à peu près deux ans maintenant. Au Luxembourg aussi, il y a de plus en plus de filles et de garçons qui achètent des longboards, soit en loisir, pour se déplacer tout simplement, soit comme moi, en extrême sur des descentes, où on atteint des vitesses de 50 jusqu‘à 75 km/h. Il y en a qui vont même plus vite.

Pourtant il y a aussi des «riders» de skate classique plus agés. Pourquoi avoir changé de discipline ?

GUERBERT Le skateboard dit «classique» est super quand tu es jeune, à ce moment-là tu es motivé pour rentrer les figures complexes, c’est donc très technique. Mes genoux, mes tibias et mes chevilles ont assez donné au skateboard, c’est pour cette raison que je me suis redirigé vers la vitesse et l’adrénaline du longboard. En plus, je fais aussi du snowboard à côté.

Tu fais donc surtout du «Downhill Longboard». Pourquoi ne pas rouler calmement comme la plupart des longboarders ?

GUERBERT En fait, je fais les deux, mais descendre à grande vitesse sur une route est tellement bon et j’adore aussi balancer des «slides» dans tous les sens au même moment. Par conséquent, j’ai deux boards : l’une plus flexible pour me déplacer en faisant du «carving» et avoir une direction plus facile et l’autre, plus dure et concave, pour la pratique du Downhill.

Portes-tu toujours des accessoires de protection quand tu roules sur une descente ?

GUERBERT Il y a souvent des chutes, donc il faut être toujours bien protégé. En général - ce jour-là il n’en a pas ; ndlr - je mets des genouillères, un casque et des gants parce qu’on a du contact avec le sol. Par contre, en compétition ou sur piste fermée il est obligatoire de porter le cuir, la dorsale, le casque intégral, les genouillères et les coudières.

Quels sont tes spots préférés au Luxembourg pour pratiquer ta passion ?

GUERBERT J’aime surtout la Rue de Trêves. Je pars du Cents jusqu‘à Clausen et je remonte en bus. On a donc une sorte de tire-fesses, ce qui est génial. Sinon, je descends aussi la Rue de Prague, entre le quartier de la Gare et le Grund, cette route a deux beaux virages et une belle ligne droite. Sans oublier la Montée de Clausen à fond de balle avec des belles figures en route. Mais on fait toujours attention aux voitures, on maîtrise notamment bien le freinage pour éviter tout accident.

Comment sais-tu s’il y a une voiture qui arrive, quand tu roules seul ?

GUERBERT Justement, je ne le sais pas. Je suis prudent, celui qui roule seul ne doit jamais prendre de risque et ne doit pas hésiter à poser le pied par terre pour freiner. Ça m’arrive aussi de faire signe à des voitures derrière moi pour qu’ils gardent leurs distances. En général, les automobilistes veulent me voir en action, donc ils acceptent.


Plus d’infos sur la pratique du «Downhill Longboard» au Luxembourg sur Facebook dans le groupe du même nom