LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

La Fédération Horesca tenait hier son assemblée générale

Les changements s’enchaînent dans le secteur Horesca. Après la loi anti-tabac en 2014, voilà que la hausse de la TVA sur les boissons alcoolisées a donné du fil à retordre au secteur en ce début d’année. De 3%, la taxe est passée à 17% avec - logiquement - des hausses de prix affichées. L’Union Luxembourgeoise des Consommateurs (ULC) a dénoncé une tendance à faire grimper d’autres tarifs pourtant pas concernés par la règlementation. Hier, François Koepp a répondu que «nous avons établi qu’à ce stade, Un tiers de la hausse est assumée par nos entreprises». Selon le secrétaire général de la Fédération Horesca, si les prix ont augmenté entre 9,8% et 13,6% entre octobre 2013 et mars 2015, c’est à cause des coûts croissants auxquels les restaurateurs et cafetiers doivent faire face. D’après la fédération, le secteur génère à lui seul 36 millions d’euros dans le cadre de cette hausse de la TVA.

Des revenus partis en fumée

François Koepp n’a pas manqué de remercier la secrétaire d’État à l’Économie, Francine Closener (LSAP) pour avoir limité la portée de la mesure aux boissons alcoolisées. 80% des revenus du secteur restent soumis au taux super réduit de 3%, ce qui reste une sacrée bulle d’oxygène. Car à côté de cela, les tenanciers sont toujours confrontés à des loyers en hausse, sans oublier les effets de la loi anti-tabac. Un an après son introduction, le secteur fait état d’une baisse des ventes de 4% en moyenne. Celle-ci monte à 10% voire 15% dans certaines zones, «en particulier dans le sud du pays».

De moins en moins d’hôtels

Sur le front de l’hôtellerie, le taux d’occupation a grimpé de 2,7% l’an dernier pour atteindre les 71,2%. Mais ce n’est pas tout: le tarif moyen est monté à 102,7 euros tandis que 1,64 million de nuitées ont été enregistrées l’an dernier. C’est surtout la région de la Moselle qui a boosté la tendance (+4,2%) tandis que les Ardennes se sont stabilisées (+0,4%). Si ces données sont encourageantes, le secteur tient à l’œil les évolutions qui touchent les consommateurs telles que le recours aux applications mobiles et autres plateformes de réservations en ligne telles que Booking. Soulignant l’importance que revêt le Nation Branding, François Koepp n’a d’ailleurs pas manqué d’appuyer: «Nous devons créer une image de marque pour le pays». Et le temps presse puisque le nombre d’hôtels a chuté de 12% ces cinq dernières années.

Depuis le début du siècle, plus d’un hôtel sur trois a fermé ses portes d’après les chiffres de la Fédération. Voilà pourquoi hier soir, l’organisation a tenu à féliciter ses membres méritants, propriétaires d’un établissement depuis quinze, 25 ou 30 ans. Ces structures familiales, on les retrouve notamment à Luxembourg avec l’Hôtel Cravat mais aussi à Clervaux, avec l’Hôtel des Nations. Autant d’exemples que la Fédération a tenu à mettre en avant. À côté du tourisme, le secteur des affaires est aussi très important et cela, d’autant qu’un nouveau cluster y est consacré et que le Luxembourg s’apprête à prendre la présidence du Conseil de l’Union européenne, le 1er juillet prochain.

«Le Luxembourg compte plus d’étoilés Michelin par tête d’habitant que ses voisins», a souligné François Koepp dans son discours. Cet élément fait la fierté de la Fédération qui n’a pas manqué de rappeler le rôle qu’elle joue. À côté de son côté représentatif, elle assure des formations variées. «Nous attendons du Pacte Emploi conclu entre le gouvernement et l’UEL un grand rôle à jouer», a insisté le secrétaire général. Le projet prévoit d’insérer 5.000 demandeurs d’emplois sur le marché. L’an dernier, les hôteliers, restaurateurs et cafetiers ont embauché 2.500 personnes pour 800 nouveaux postes créés. En 2013, le Statec recensait 19.200 postes dans l’Horesca au Luxembourg.


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