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CATHERINE KURZAWA

C’est la recommandation d’Orcadia AM aux investisseurs pour 2019

Après une année qui se profilait comme tranquille, mais qui s’est avérée être teintée de rouge, pas facile d’y voir clair dans ce que 2019 réserve aux investisseurs. «Ce n’est pas parce qu’on a le bon scénario économique qu’on aura le bon scénario en matière d’investissements», nuance Etienne de Callataÿ, économiste en chef et président du conseil d’administration d’Orcadia AM. La prudence est donc de mise du côté du gestionnaire d’actifs durables qui invite à une certaine surpondération des actions en portefeuille. «L’environnement d’un point de vue économique reste favorable à l’investissement», avance Etienne de Callataÿ qui souligne l’attractivité des rapports cours/bénéfices. Mais attention, «la dimension de diversification de votre patrimoine est absolument fondamentale».

Vers une décélération

Si «2018 a été une bonne année» avec une croissance mondiale de 3,7%, l’économiste estime que nous nous dirigeons vers «des rendements tendanciels qui sont plus faibles que par le passé». Pas de récession en vue, mais plutôt une décélération qui reflète une maturité atteinte par les marchés financiers.

Ceux-ci sont exposés à trois interrogations majeures liées au protectionnisme américain, au Brexit et à l’Italie. «Le problème en Italie ce n’est pas le déficit, c’est l’absence de croissance», répond Etienne de Callataÿ, pour qui «le populisme ne sert pas la cause de l’économie de marché». Le Brexit par contre est davantage un problème pour les Britanniques que pour les autres, à en croire l’économiste en chef, qui reconnaît toutefois que «l’hypothèque de la sortie va rester au-dessus des marchés». Quant au protectionnisme américain, il convient plutôt de relativiser les annonces par Donald Trump de relocalisation d’usines. «Aujourd’hui aux Etats-Unis il y a plus d’annonces d’emplois vacants que de chômeurs», pointe-t-il. Si le protectionnisme ne l’inquiète pas, «il y a un effet d’incertitude qui plombe un peu le moral», admet l’économiste.

Celui-ci observe que dix ans après 2008, «nous sortons de la crise avec un arsenal pour lutter contre la prochaine crise». A ce propos, il table sur une stagnation des taux d’intérêts à des niveaux anormalement bas. «Les banques centrales vont garder une politique extrêmement accommodante parce qu’elles ne veulent pas être accusées de tuer la croissance».

Et de pointer que les risques demeurent aujourd’hui limités tant en ce qui concerne une récession qu’un dérapage des taux d’intérêts, d’une crise extérieure ou encore d’un dégonflement d’une bulle.

«Celui qui va investir aujourd’hui n’aura pas de regret dans dix ans», conclut Etienne de Callataÿ.

orcadia.eu