LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

L’auteur franco-luxembourgeois Jean-Michel Gaudron surprend les lecteursdans son recueil de nouvelles «A double sens»

Jean-Michel Gaudron est tombé dans la marmite de l’écriture il y a bien longtemps: journaliste pendant plus de 20 ans, le quadragénaire écrit aussi des nouvelles publiées par l’éditeur basque PGCom Editions. Son premier recueil en tant qu’auteur unique est sorti l’été dernier. «A double sens» réunit des histoires qui ont toutes une particularité: celle d’être dotées d’un dénouement inattendu qui tient dans la toute dernière phrase du récit. Rencontre.

Comment ce recueil de nouvelles a-t-il vu le jour?

JEAN-MICHEL GAUDRON J’avais une idée très précise en tête: je voulais vraiment que le dénouement soit uniquement la dernière phrase. Si on lit l’avant-dernière phrase, on peut à la limite avoir une histoire qui tient la route. Mais si on lit la dernière phrase, on peut avoir une toute autre histoire et une toute autre vue, avec un dénouement que j’espère le plus inattendu possible, même si parfois certains lecteurs très doués arrivent à deviner avant la fin ce qui va se passer.

Quand on lit le recueil, on y voit une maîtrise de la chute. Est-ce une habitude héritée de votre métier de journaliste exercé par le passé?

GAUDRON Héritée directement, je ne pense pas. C’est clair que c’est un exercice de style qui va un peu à l’envers de la contrainte journalistique de mettre l’information le plus tôt possible et de la développer dans une certaine structure. Ici au contraire, ce qui m’a d’autant plus plu dans cette aventure c’est la liberté éditoriale, c’est de pouvoir justement aller un peu à contresens de ce que j’avais l’habitude d’écrire.

J’adore me faire renverser quand je lis une histoire et que la toute fin bascule complètement. Je suis parfois assez frustré quand je lis pas mal de nouvelles, parce que je ne retrouve pas toujours ce côté dénouement un peu inattendu. Et le plaisir de la lecture avec la bonne qualité éditoriale est un peu gâché parce qu’il n’y a pas eu ce petit frisson de la fin. Je voulais vraiment me plonger là-dedans et tout miser là-dessus. Et si je dois continuer à faire ce genre de recueil, je garderai cette approche de faire le dénouement que j’espère inattendu, qui tombe de manière assez abrupte.

Il y a déjà un 4ème ouvrage en préparation?

GAUDRON Des idées j’en ai pas mal, là après il faut maintenant évidemment les mettre en musique. J’ai deux thématiques de roman, mais un roman c’est un autre type d’écriture il faut être beaucoup plus documenté, c’est un marathon. La nouvelle pour moi est un semi-marathon. Le marathon, je ne suis pas encore prêt pour. Donc oui il y aura un quatrième, mais je ne sais pas si ça sera dans un an ou plus. Ça reste en tout cas dans la tête, tant que j’ai envie d’écrire et que je le fais, je ne m’arrêterai pas.
Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans l’écriture: la liberté ou le fait de pouvoir surprendre le lecteur?

GAUDRON C’est moitié moitié. Oui clairement, parce que j’adore écrire, il y a des sujets qui m’inspirent plus que d’autres. J’ai la chance ensuite de pouvoir en discuter avec les lecteurs quand j’ai la chance de les rencontrer pour des dédicaces. Et c’est clairement d’entendre de leur part: je ne pensais pas du tout à ça, j’étais vraiment surpris, ou au contraire: j’avais deviné, etc. J’aime toujours être là où on ne m’attend pas donc, clairement, transposé à l’écriture, c’est arriver à une chute qui n’est pas celle attendue ou espérée, c’est quelque chose de très motivant aussi de surprendre le lecteur.


Jean-Michel Gaudron sera en séance de dédicaces pour son recueil de nouvelles «A double sens». Rendez-vous est donné le vendredi 7 décembre à 17.00 à la librairie Ernster de la Belle-Etoile et le samedi 8 décembre à 15.00 à celle du City-Concorde