L’annonce d’un plan social au sein de la «Stëftung Hëllef Doheem» est tombée à la hâte hier matin. Au total, 90 des quelque 2.000 salariés du prestataire de soins sont menacés dans un contexte particulier. D’une part, le gel de la valeur monétaire depuis 2013 a de facto entraîné celui des tarifs des prestations.
D’autre part, le secteur des aides et des soins fait l’objet de coupes budgétaires de la part du gouvernement, appuie la direction. «Des remaniements organisationnels et une réduction des frais de fonctionnement n’auraient pas suffi à eux seuls pour faire face de manière durable aux impératifs financiers», a fait savoir le directeur général en poste depuis mars, Benoît Holzem.
Le plan social prévoit des réductions de postes à l’administration centrale et dans les activités spécialisées, sans oublier l’externalisation du nettoyage des locaux. Par ailleurs, les dispensaires de Dudelange et de Bascharage devraient fermer leurs portes, tout comme les centres psycho-gériatriques (CPG) de Wiltz et d’Echternach.
Ceux-ci accueillent 70 des 19.000 bénéficiaires du groupe. Ce dernier prévoit aussi de fermer ses autres CPG les dimanches. De sérieux changements pour l’organisation, dont le directeur général assure toutefois que «le plan social n’aura aucune incidence sur notre offre de services et sur la qualité de nos prestations». Outre son personnel à domicile, «Hëllef Doheem» est à la tête de 25 centres d’aide et de soins et de douze foyers de jour dans le pays.
L’OGBL refuse les licenciements prévus
Le 13ème plus gros employeur du pays a accusé l’an dernier une perte de trois millions d’euros. «À ce moment-là, l’OGBL a demandé une entrevue en urgence avec la direction, mais nous n’avons pas eu de réponse», déplore la responsable syndicale Santé & Services sociaux, Nora Back. Elle refuse les licenciements prévus par le plan pour deux raisons: «Nous travaillons dans un secteur de service public non marchand et financé par de l’argent public, on ne peut donc pas faire de plan social. Ensuite, il s’agit des conséquences d’une mauvaise gestion de l’entreprise». Mardi, elle rencontrera la direction et compte «demander des explications de ce déficit». Jeudi prochain, une première réunion de protestation est prévue à Esch-sur-Alzette à 18.00 afin de lancer une mobilisation avec les salariés de la fondation.
Une activité en baisse de 10%
Le marché de la prestation d’aide et des soins est actuellement dans l’expectative, à en croire le président de son organisme de représentation Copas, Marc Fischbach. La réforme de l’assurance dépendance, qui finance ce type de prestations, se fait attendre et une présentation de la première mouture est attendue fin juillet. Pendant ce temps, la Copas évoque un recul de l’activité de 8% dans les structures de séjour de 10% pour les prestataires à domicile. «Cela nous inquiète parce que cela apportera des conséquences néfastes à moyen terme pour les autres prestataires», explique Marc Fischbach. Il reconnaît par ailleurs que la concurrence est devenue plus grande dans le secteur, avec l’arrivée de nouveaux prestataires dont certains optent pour des implantations très locales et affectent l’activité des grands réseaux. «Hëllef Doheem» reste à ce jour le leader au Luxembourg avec plus de 60% de parts de marché, selon la Copas.


