ANTONIYA ARGIROVA, RESPONSABLE PLAIDOYER ET BRENNPUNKT DRËTT WELT, AU SEIN DE L’A.S.B.L. ACTION SOLIDARITÉ TIERS MONDE

«La question de la responsabilité des multinationales en matière de droits humains et d’environnement se trouve au cœur de notre action. Comment faire en sorte que les entités économiques soient des acteurs de développement à part entière? Comment éviter le piège du rendement à tout prix qui provoque des dommages sociaux et environnementaux? Depuis des années, l’ASTM soutient des communautés affectées par les activités néfastes de certaines grandes entreprises dans les pays en développement et le constat ne fait que se confirmer: sans entreprises responsables, il ne peut pas y avoir de développement durable.

La campagne a été accueillie avec beaucoup d’intérêt parce qu’elle avait le mérite de non seulement mettre la lumière sur une problématique d’actualité mais également de proposer des solutions, c’est-à-dire des mesures qui peuvent être mises en place, y compris au Luxembourg. Des mesures que nous voulons “contraignantes” afin de garantir qu’elles aient un réel impact positif. En effet, les mesures volontaires existantes comme la “Responsabilité sociale de l’entreprise” (RSE) sont d’après tous les constats insuffisantes. Le Luxembourg héberge de nombreuses multinationales et il est important de s’assurer que leurs activités à l’étranger n’aient pas d’incidences négatives sur les droits humains et l’environnement. De plus, comme dans chaque pays, il existe des secteurs dites à risques qui nécessitent une attention particulière.

Alors que le contenu d’une éventuelle mesure contraignante est en train d’être débattu avec les différentes parties prenantes, la position de la société civile comporte trois éléments clés. D’abord, l’objectif principal de cette mesure serait de prévenir les risques en matière de droits humains et d’environnement engendrés par les activités des entreprises. Si malgré tout un dommage est causé, il devrait y avoir des mécanismes qui garantissent aux victimes d’obtenir justice et réparations. Afin de s’assurer que la mesure soit respectée, il devrait y avoir également un organe de contrôle qui surveille son application.

L’idée de normes contraignantes pour responsabiliser les multinationales a suscité des réactions différentes au sein des partis politiques luxembourgeois: certains y sont favorables, d’autres plutôt réticents. Alors que le pays se prépare à élire son nouveau gouvernement, nous continuerons à plaider pour un renforcement du cadre légal auprès des futurs responsables politiques. Quant au débat, il est bel et bien lancé.»