LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

La finance verte va connaître certaines évolutions en 2019, pointe la Bourse de Luxembourg

La finance verte est aujourd’hui bien ancrée sur la place financière luxembourgeoise avec une part de marché totale de 39% pour les fonds d’investissements responsables en Europe, 60% des fonds d’impact européens et 60% des actifs de la microfinance mondiale. La moitié des obligations vertes dans le monde sont cotées à la Bourse de Luxembourg et plus précisément sur sa plateforme «Luxembourg Green Exchange» (LGX). Sa responsable Julie Becker entrevoit six tendances majeures en matière de finance verte pour l’année à venir. Explications.

Si l’émergence de la finance verte est liée à la conférence COP21 de Paris en 2015, la conférence de Katowice de 2018 sur les changements climatiques de 2018 a été marquée par un accord pour mettre en application les principes de l’Accord de Paris. Dans ce cadre, la Bourse de Luxembourg s’attend à «une croissance substantielle en importance pour le secteur financier et le marché de mener le changement vers une économie sobre en carbone».

Du côté des investisseurs, LGX prédit un regain d’intérêt pour les indicateurs témoignant de l’impact des financements levés par les obligations vertes qu’ils choisissent. «Nous nous attendons aussi à ce que certains grands investisseurs jouent un rôle “activiste” et refusent complètement de soutenir les entreprises brunes», souligne Julie Becker.

La responsable s’attend aussi à une transition des modèles d’affaires et une décentralisation de l’expertise. «Les banques de développement multilatérales changeront probablement leur approche dans un avenir proche, pour fournir davantage d’assistance technique», avance la LGX. Dans la foulée des changements règlementaires, la taxinomie ou science des classifications devrait gagner du terrain et cela, au niveau international et parallèlement à la diversification des instruments.

Un premier «blue bond» attendu

A ce propos, la finance durable ne sera plus uniquement verte mais va carrément prendre les couleurs de l’arc-en-ciel, à en croire la Bourse de Luxembourg. Le premier «blue bond» est attendu en 2019, à savoir une obligation dédiée au financement de projets liés à l’océan. Ainsi, les Seychelles devraient en être le premier émetteur, avec une obligation bleue de 15 millions de dollars. «Le marché se diversifiera davantage vers d’autres obligations labellisées, ce qui permettra aux investisseurs de faire davantage de choix sur mesure», insiste Julie Becker.

Mais le vert restera la marque de fabrique de cette nouvelle famille d’investissements, avec l’arrivée d’un petit nouveau: le «green loan» ou emprunt vert. «Nous nous attendons à ce que les acteurs du marché et d’autres organismes commerciaux continuent d’accroître les prêts verts, en particulier ceux liés aux prêts hypothécaires éconergétiques, à mesure que les acteurs deviennent plus conscients et capables d’identifier leurs prêts comme écologiques», conclut la Bourse de Luxembourg.

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