LUXEMBOURG
FLORENCE MENAGE

Les placards publicitaires fleurissent depuis plusieurs semaines. Coca Cola encourage ses clients à trouver la bonne poubelle pour recycler ses bouteilles en plastique. Dans un contexte où le plastique a de plus en plus mauvaise presse, les grands groupes ont organisé la riposte à coup de grandes campagnes pub. Ainsi les consommateurs ont l’impression que si l’on recycle, il n’y a plus de problème. Chez Greenpeace, on pense au contraire qu’il faut continuer à mettre la pression sur ces grands groupes et lutter contre le mythe tenace d’un recyclage idéal, où les bouteilles en plastique ne sont plus une menace pour l’environnement.

«C’est normal que les grands groupes se défendent, cela fait suite à nos attaques! Ces derniers font perdurer le mythe que si nous mettons nos bouteilles en plastique dans la poubelle bleue, elles seront recyclées et tout ira bien. Or ce n’est pas du tout le cas. Ces bouteilles sont en plastique PET, pour le recycler il faut qu’il soit pur, quand elles contiennent de l’eau par exemple. Pour du coca, il faut rincer les bouteilles, cela a un coût supplémentaire. Si le verre se recycle quasi à l’infini, ce n’est pas du tout le cas du plastique. Il ne faut pas s’attendre à pouvoir produire une nouvelle bouteille, au mieux elle finira en granulés pour produire du mobilier urbain, mais ça c’est dans le meilleur des cas. Le circuit de recyclage n’est pas forcément retraçable, les déchets de bouteille sont exportés à l’étranger et on ne sait pas trop ce qu’il se passe ensuite.

Nous ne militons pas pour le recyclage, mais bien pour trouver des alternatives viables au plastique. Ces grands groupes ont certainement les moyens de mettre en œuvre une recherche efficace dans ce sens, mais ce n’est pour le moment pas leur intention. Ils nous vendent la bouteille avec le contenu, or c’est seulement le contenu que nous voudrions acheter. Pourtant les alternatives se développent, la tendance du “refill” (venir en magasin avec son contenant) ou encore pour le cas des sodas des machines qui permettent de gazéifier ses boissons. Evidemment, ce n’est pas dans l’intérêt de ces grands groupes que ces alternatives se développent. C’est pourtant le seul moyen d’échapper au plastique qui a envahi notre quotidien, sans que nous soyons pleinement conscients de sa nocivité.»

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