LUXEMBOURG
CLAUDE KARGER

Répercussions de la crise du Covid-19: les centres de formation privés agréés tirent la sonnette d’alarme – et se sont constitués en Fédération

Fédération des Centres de Formation privés agréés

Les membres fondateurs

Voici la liste des membres fondateurs de la FCF: AMS Training - Audio Lingua - Berlitz - Cap Langues - Centre de Compétences Digihw - Centre de Compétences FTB - Centre de Compétences Par - CSAF - dElite - Ecole d’art contemporain - English World - Eva Group - Liren Language & Communication - Pétillances - Prolingua - Pur Com - Pyxis Management - RHCA sarl - RH Expert - StudyFox - Well Being. La Fédération, affiliée à la Confédération Luxembourgeoise du Commerce est une structure ouverte, de nouveaux membres étant admis sur decision du conseil d’administration. L’identité visuelle et le site web de la Fédération est en voie de preparation.

L’idée d’unir leurs efforts ne date pas d’hier chez les acteurs privés de la formation professionnelle continue. Ainsi, au cours des dernières décennies, plusieurs initiatives ont vu le jour, notamment aussi pour cimenter un code de déontologie pour le secteur, très diversifié.
Sur base de données de l’Institut National pour le Développement de la Formation Professionnelle Continue, on estime ainsi entre 450 et 600 le nombre d’acteurs sur le marché luxembourgeois assez restreint. Ce sont des acteurs de tailles diverses – les grandes structures sont rares – et souvent spécialisés – enseignement de langues, informatique, management, sécurité et santé au travail….

Langues et «soft skills» à la peine

Aujourd’hui, un vent de détresse souffle sur le secteur, frappé de plein fouet par la crise du Covid-19, qui a fait s’effondrer les affaires, nombre d’entreprises touchées par le ralentissement économique décalant leurs programmes de formation, surtout en matière de langues et de «soft skills».
 «On se retrouve dans une situation qui rappelle celle de la crise financière et économique de 2008/2009», commente Tom Girardin, «Managing Partner» de Pétillances et président de la toute nouvelle « Fédération des Centres de Formation privés agréés». «A l’époque, le marché avait mis deux, trois ans à se normaliser et nous estimons qu’il ne va pas repartir pour de bon avant 2022», craint Fernand Wolter, fondateur de Prolingua et vice-président de la FCF.

Frais supplémentaires

La route risque ainsi d’être longue et difficile pour certains et beaucoup se poseraient déjà la question s’il faut fermer boutique ou tenter de braver les incertitudes. Ce qui est certain, c’est que la rentabilité des formations continues restantes diminue face à des coûts plus importants occasionnés par la pandémie. Les contraintes sanitaires permettent ainsi moins de participants à un cours dans une salle donnée, alors que la distanciation sociale exige moins de personnes dans la salle. Louer d’autres locaux? Difficile et coûteux. Et si l’elearning est en développement depuis des années, avec la demande croissante qu’entraîne le Covid-19, les investissements en matériel, mais aussi en développement de la pédagogie adaptée sont importants.
Un petit acteur privé du secteur de la formation professionnelle continue doit réfléchir plusieurs fois avant d’engager ces frais. Le télétravail n’arrange pas les choses ni les restrictions pour l’accès aux professionnels demandeurs de formations en présentiel. Difficile par exemple d’organiser des formations dans des maisons de soins ou dans d’autres structures qui abritent des personnes à risque. Face à la situation globalement problématique pour les acteurs privés de la formation, Tom Girardin, s’apprête avec ses collègues du conseil d’administration à rencontrer plusieurs ministres au cours des semaines à venir. Objectif: leur exposer la situation du secteur et plaider pour des soutiens spécifiques. «Nous n’avons eu accès jusqu’ici qu’au chômage partiel et certains indépendants aux aides non remboursables», explique Tom Girardin tout en soulignant que la formation continue est au cœur de la relance. Il incite ainsi à réfléchir à d’autres solutions: un chèque-formation par exemple, préfinancé par l’Etat, à l’image des chèques-tourisme. Ou encore un relèvement du taux de cofinancement des efforts de formation des entreprises, voire une baisse du taux de TVA de 17% sur les prestations de formation continue. «Je ne pense pas que la formation continue soit un produit de luxe», insiste Girardin qui souhaite par ailleurs la mise en place d’une plate-forme intergouvernementale pour discuter de tous les aspects de la formation continue au Luxembourg et développer une stratégie à long terme.

Code de déontologie et travail sur la qualité

S’il est prioritaire pour la nouvelle Fédération de permettre à ses membres de passer le cap difficile de la crise, elle s’est aussi fixée des buts à moyen terme, comme la création d’une charte de déontologie et l’augmentation de la qualité des formations ainsi que des certifications à la clé. Augmenter l’employabilité des salariés et des indépendants et contribuer au développement de l’économie luxembourgeoise dans une économie du savoir globalisée.  Pour le président de la FCF, ce sont là aussi des thèmes qui devraient être régulièrement au menu du Comité de Conjoncture. La formation continue en serait une clé importante.