Située à seulement une heure d’Athènes, Egine est connue en Grèce pour être l’île aux pistaches. Elles s’y nourrissent du soleil généreux et du savoir-faire des agriculteurs locaux. L’autre activité est évidemment le tourisme, mais loin de la forme qu’on peut trouver sur d’autres îles. Il n’y a ni grands complexes «all inclusive» et encore moins d’aéroport plein de charters. A Egine, les touristes arrivent en ferry ou en Flying Dolphin, ces bateaux rapides à l’allure et l’atmosphère d’un TGV. Avec ses 13.000 habitants, l’île voisine d’Athènes est la destination de prédilection des habitants de la capitale qui viennent y chercher un peu d’air frais et de repos. Mais avec le contrôle des capitaux, les Grecs ont revu leurs priorités et leurs dépenses destinées aux loisirs aussi.
Cela se fait sentir dès la traversée, où le ferry compte certes pas mal de passagers mais ceux avec des valises se comptent sur les doigts de la main. Une fois arrivé au port d’Egine, le bateau se vide dans un joyeux désordre où les voitures frôlent les piétons. Ajoutez à cela les camions qui viennent approvisionner l’île en biens divers et vous obtenez un cocktail détonnant.
Pas de contraintes
Ce qui surprend ici, c’est que rien n’est prévu pour les touristes étrangers. Tout est indiqué en alphabet grec et il règne une atmosphère étrange, un peu hors du temps. Pour se déplacer, on a le choix entre la location de scooter ou bien le bus. A l’intérieur, on peut observer des indications en allemand qui laissent penser que l’engin passe à Egine une seconde, voire une tierce vie. La climatisation? N’y pensez même pas. Le chauffeur laisse la porte avant ouverte en roulant, cela évacue aussi les odeurs de la cigarette qu’il a en bouche.
Dans le sud de l’île, le petit port de Perdrika est désert. Quelques bateaux de pêche ont jeté l’ancre tandis qu’un autre s’apprête à la lever. Son capitaine charge les quelques touristes présents à destination de Moni, une minuscule île située à 10 minutes seulement d’Egine. Sa spécificité? Elle est déserte, si ce n’est qu’une vaste colonie de paons y a élu domicile. Seule trace de la présence de l’homme, un petit beach bar tourne, avec l’aide des pêcheurs locaux qui y amènent la clientèle.
Ici, tout est simple et sans chichis. Les affaires tournent autant qu’elles peuvent, mais clairement au ralenti. Egine est déjà prise à la gorge, alors imaginez donc l’île accessible par celle-ci… De retour à Egine-ville, un ferry arrive au port. Le quai est déjà plein à craquer ce soir-là, les athéniens terminent une journée hors de la bouillonnante capitale et se pressent de monter à bord. Une fois de plus, les terrasses grise mine. Le tourisme d’un jour, «c’est mieux que rien», me confie un restaurateur mais cela ne permet pas de nouer les deux bouts. Clairement, le contrôle des capitaux nuit aux affaires, d’autant quand elles sont orientées sur une clientèle résidente.




