ESCH-SUR-ALZETTE
CHRISTIAN SPIELMANN

L’actrice de «Julie Lescaut» au théâtre d’Esch-sur-Alzette

Véronique Genest commence sa carrière dans des spots publicitaire, avant de décrocher des premiers rôles au cinéma, entre autre dans «La banquière» ou «J’ai épousé une ombre». De 1992 à 2014 elle sera la commissaire de police Julie Lescaut dans la série homonyme sur TF1. Elle a écrit des livres, produit des films et des pièces de théâtre. Début 2016, elle joue à Paris au Palais des Glaces dans «Portrait craché», une pièce écrite par le scénariste Thierry Lassalle et mise en scène par Thomas Le Douarec. Après un succès considérable, la pièce est en tournée depuis septembre 2016. Ainsi, elle a été jouée à Esch-sur-Alzette dimanche soir.

Une double fuite

Derrière une fenêtre, le spectateur voit les contours d’une douche et quelqu’un qui se bat avec des tuyaux. C’est Marie (Genest) en costume de pêcheur jaune qui essaie en vain de stopper une fuite d’eau dans sa salle de bain. Elle attend le plombier, alors que son fils Arthur (Nicolas Le Guen) lui annonce que les parents de son amie Julie vont venir dîner. Philippe (Julien Cafaro) sonne à la porte. Tout étonné de retrouver Marie avec laquelle il a eu une relation 25 ans plus tôt, les reproches ne se font pas attendre. Philippe a laissé jadis Marie seule dans les fins fonds de l’Italie. Par la suite, elle a pris la fuite en avant et a conçu un fils tout seul. Se souvenant de cet abandon lâche, elle jette Philippe à la porte. C’est Gilbert (Maxime), le plombier, qui se prend un seau d’eau à la figure, alors que Marie croit que Philippe est de retour. Gilbert, un mec avec un physique de bodybuilder, se doit cependant de faire son métier, au lieu de charmer Marie. Philippe revient avec sa femme Sophie (Caroline Devisme) qui est une animatrice radio suractive et pas trop intelligente. Il s’avère être le papa de Julie et chez Marie, les plombs pètent.

Trop de chahut

La pièce commence avec des jeux d’ombre qui font rire et se poursuit par d’autres moments visuels, comme l’arrivée des parents de Julie. La trame se construit, mais on ressent déjà la trame que va prendre cette histoire. Philippe perce le secret de Marie : il est le père d’Arthur. Mais au lieu de tourner autour du problème d’un probable mariage incesteux, l’histoire se dégrade à un niveau de théâtre de boulevard avec beaucoup de chahut, ne faisant pas nécessairement rire. Marie raconte des histoires bizarres de son mari parti en Russie pour «parler aux russes». Lorsque Gilbert ressort de la salle de bain, vêtu d’un jogging rose, Sophie s’éprend soudainement de lui, l’obligeant à nouveau à montrer ses muscles. C’est le délire qui prend le dessus et c’est dommage que le réalisateur ait choisi ce chemin au lieu de continuer avec des dialogues bien pensés et intelligents. Le jeu des acteurs est acceptable, sans que toutefois quelqu’un domine.