LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Le Luxembourg veut diminuer de 20% le taux de fréquence des accidents de travail

Avec un taux de fréquence de 4,8% enregistré en 2017, les accidents de travail connaissent une baisse de leur occurrence au Luxembourg dans un contexte où le nombre d’entreprises ne cesse de s’accroître. «On est en train de se rapprocher de notre but», assure Georges Wagner, chargé de direction de l’AAA (Association d’Assurance Accident). L’organisation a initié en 2017 le programme «Vision Zero» avec pour objectif d’atteindre un taux de fréquence de 4,2% en 2022, soit 20% de moins qu’en 2014.

«La situation s’est fortement améliorée au Luxembourg ces 20 dernières années», assure le responsable. L’AAA est rattachée à la Sécurité Sociale, recense et indemnise les victimes d’accidents de travail, d’accidents de trajet et de maladies professionnelles. En 2017, l’organisation a versé plus de 162 millions d’euros d’indemnités, soit une hausse de 2,8% en un an.

L’AAA est financée essentiellement par les cotisations des entreprises, à hauteur de 219 millions d’euros en 2017. Les sociétés versent 0,8% de leur masse salariale brute pour l’AAA, qui a introduit cette année une nouveauté: un système de bonus-malus. «Si les entreprises ont connu beaucoup d’accidents au cours de l’année précédente, elles doivent s’acquitter d’un malus allant jusqu’à 50%» du taux de base, explique Georges Wagner. Ainsi, un «mauvais élève» peut voir sa cotisation monter à un taux de 1,20%, tandis qu’un «bon élève» peut la descendre à 0,72%. L’objectif avec cette mesure est clair: inciter les sociétés à accentuer la prévention.

Photo: AAA - Lëtzebuerger Journal
Photo: AAA

Un euro investi pour 2,50 euros de retombées

«Des études démontrent que chaque euro investi dans la prévention rapporte jusqu’à 2,5 euros», insiste le responsable. Reste à porter ce message auprès des entreprises. Elles sont pour l’instant 170 à avoir rejoint «Vision Zero». Plus qu’une signature sur un bulletin d’adhésion, cette démarche implique que les sociétés mettent en place chaque année un plan d’action pour la prévention des risques de santé et de sécurité au travail.

«Le Luxembourg est le deuxième pays au monde où Vision Zero est devenu une stratégie nationale», pointe Georges Wagner. Pour information, le Grand-Duché suit ainsi Singapour. Sensibiliser est une chose, mais agir en est une autre. A côté des principes et règles d’or de la charte nationale Vision Zero, l’AAA et ses partenaires organisent des formations et publient des documents informatifs. Ceux-ci sont rédigés non seulement dans les langues nationales mais aussi - pour certains - en portugais, en espagnol, en italien et même en polonais.

«Vision Zero», c’est aussi une grande campagne de communication où les affiches et les spots diffusés au cinéma ou à la télévision alertent le grand public des risques d’accident du travail. Ceux-ci constituent aujourd’hui huit déclarations sur dix auprès de l’AAA, le reste étant surtout représenté par les accidents de trajet.

Pour l’instant, la croissance du phénomène des travailleurs frontaliers ne se ressent pas sur les statistiques de l’AAA. Celle-ci reconnaît aussi qu’en prenant du recul, la tertiarisation de l’économie luxembourgeoise allège le taux d’accidents. Il n’empêche, le taux zéro n’est pas encore pour demain.

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