LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

La trésorerie est le nerf de la guerre pour les entreprises en période de crise

Voir venir. Une expression qui a manqué aux entreprises et aux indépendants alors que leur activité a drastiquement baissé voire a été mise à l’arrêt pendant de longues semaines. Certaines avaient des liquidités suffisantes pour parer au pire, mais d’autres ont été pris de court. C’est en étudiant la trésorerie des entreprises qu’en 2020, les données de la Centrale des Bilans ont servi à analyser la liquidité des entreprises dans le cadre de l’évaluation de l’impact économique de la crise Covid-19.

Dans un contexte extrême, où des entreprises connaissent un assèchement des flux de trésorerie entrants, le niveau de liquidités disponibles devient un facteur critique de survie. Afin de mesurer l’impact économique de la crise Covid-19 sur les entreprises, le Statec a calculé des indicateurs permettant d’apprécier la situation de liquidité des différentes branches d’activité économique. L’analyse a été effectuée à partir des données les plus récentes disponibles de la Centrale des Bilans.

En temps normal, les entreprises visent à disposer d’un niveau de liquidité suffisant pour assurer le bon fonctionnement de leur exploitation. Le niveau de liquidité dépend, entre autres, du type d’activité exercée par l’entreprise et de sa politique de gestion de trésorerie. C’est ce que le Statec appelle «ratio de l’intervalle défensif» qui détermine le niveau de liquidité dans un contexte extrême. Il mesure la durée pendant laquelle une entreprise peut continuer son exploitation sans toucher à ses réserves et sans contracter d’aide extérieure comme un prêt. Plus «l’intervalle défensif» est élevé, plus long sera le temps pendant lequel les entreprises peuvent faire face à leurs charges d’exploitation.

La Centrale des Bilans a vu le jour en 2011

En 2018, la médiane du ratio «intervalle défensif» se situe entre 1 et 2 mois dans la restauration, les autres activités de services, le commerce de détail, le commerce et la réparation de véhicules motorisés. Des secteurs qui ont donc été particulièrement vulnérables face à la crise. La médiane est supérieure à 6 mois dans les industries extractives, d’énergie, d’eaux et de gestion de déchets, les autres services financiers, les activités immobilières ainsi que les services spécialisés, scientifiques et techniques. Cet indicateur permet donc de renseigner sur la vulnérabilité financière des entreprises.

La Centrale des Bilans a vu le jour en 2011, avec l’application d’un plan comptable normalisé national (PCN), ce qui a marqué un tournant dans l’histoire comptable luxembourgeoise. La Centrale des Bilans favorise la transparence des marchés avec un accès à l’information financière à la disposition des acteur économiques: concurrents, créanciers, et clients. Le Statec utilise ainsi les données financières de la Centrale des Bilans comme source complémentaire aux enquêtes.

L’obligation de dépôt est définie par la législation nationale qui prescrit un délai maximal de sept mois pour déposer les comptes après leur clôture.