LUXEMBOURG
DR WILLIAM TELKES

Depuis le discours du président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, au forum annuel de l’institution, qui s’est tenu à Sintra au Portugal, les taux européens ont plutôt été orientés à la hausse. Le président de la BCE a, au cours de son discours, entretenu l’idée que la voilure de la politique monétaire accommodante de l’institution pourrait être revue graduellement à la baisse à mesure que l’économie de la zone euro se reprend. Alors que le rendement des emprunts d’Etat allemands à dix ans se situait encore autour de 25 points de base au cours de ces dernières semaines, depuis ce discours du 27 juin 2017 ce rendement s’est rapproché de plus en plus des 50 points de base. 

Un tel mouvement de hausse n’est pas nouveau. Au cours des derniers trimestres, un tel relèvement des taux s’était déjà amorcé. En effet, au courant de l’été 2016, à la suite du référendum sur le Brexit, les taux européens avaient entamé un mouvement haussier, lequel s’était renforcé avec la nomination du président américain, Donald Trump, et ses promesses de réformes. Toutefois, avec des perspectives de politiques monétaires durablement accommodantes, ces mouvements n’ont été que temporaire. Les incertitudes politiques et des chiffres d’inflation toujours faibles avaient même conduit à un retournement de tendance. 

Le possible réajustement de la politique monétaire accommodante évoqué par Draghi, qui s’inscrit dans un repositionnement général des banquiers centraux,  pourrait cependant quelque peu changer la donne, car il a non seulement réveillé un marché obligataire léthargique, mais il a également fait prendre conscience aux investisseurs que l’institution se mettait doucement en marche vers une normalisation de sa politique monétaire. Compte tenu de l’amélioration des perspectives de croissance, il était difficilement imaginable que l’institution monétaire n’allait pas entamer le virage vers une normalisation.

Néanmoins, Draghi a souligné que ce réajustement devait se faire graduellement. Ce réajustement, qui devrait dans un premier temps prendre la forme d’une annonce d’une réduction progressive des achats de titres («tapering»), résulte en effet davantage de la dissipation des tendances déflationnistes que d’un retour marqué de l’inflation. En dépit de l’amélioration économique observée dernièrement en zone euro, l’inflation peine à accélérer et ce malgré le récent retour de l’inflation sous-jacente (qui ne tient pas compte des composantes les plus volatiles) au-dessus de 1% (1,14% en mai).

Compte tenu du rythme de progression des taux européens, la BCE doit éviter une hausse trop rapide de ces derniers. Aussi longtemps que le programme d’achat d’actifs continue, une remontée trop significative des taux obligataires pourrait remettre en question l’efficacité de ce programme, dont l’objectif principal est l’assouplissement des conditions financières. Afin de limiter l’impact du discours de Draghi sur les marchés de taux, plusieurs membres de la BCE, à l’instar du chef économiste, Peter Praet, sont intervenus au cours des derniers jours. 

Même si la BCE affiche de plus en plus clairement son intention d’entamer la marche vers une normalisation, elle doit montrer qu’elle continuera d’accompagner la croissance tant que l’inflation ne présente pas de signes probants d’un retour vers la cible d’inflation de 2%. Comme cela a été évoqué plus haut, une annonce de «tapering» au cours des prochains mois se justifierait par la dissipation des tendances déflationnistes. Mais comme l’a laissé entendre Praet, ce n’est qu’à la fin du programme d’achat d’actifs et lorsque l’inflation sera assez forte que la question de la remontée des taux directeurs se posera.

BCEE Asset Management S.A.

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Fondée en 2006, BCEE Asset Management S.A. dispose d’un actionnariat solide, composé de la Banque et Caisse d’Epargne de l’Etat (BCEE) et de la Compagnie Financière La Luxembourgeoise. En tant que gestionnaire de fonds d’investissement et de portefeuilles institutionnels, la société a développé une culture d’investissement conservatrice. Une grande importance est d’ailleurs accordée à une gestion des risques appropriée. Le montant global des actifs nets s’élève à 4,3 milliards d’euros.