LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Les petites structures et les indépendants sont les plus à risques en période de crise

La survie de milliers d’entreprises est en question actuellement. Face à la crise, la fermeture de nombreux établissements et la baisse massive de la consommation, les petites structures sont plus à même d‘être à risque de cesser leur activité, sans pouvoir la reprendre par la suite si la crise se poursuit dans la durée. AlliancUp Asbl, en collaboration avec Rescue Independents & Startups (groupe Facebook) a réalisé une enquête à travers un total de 816 indépendants et startups, portant sur la survie financière de ces petites structures.

Les résultats sont plutôt alarmants: 72,5% des indépendants et startups participantes devront cesser leur activité ou feront faillite à la fin mai 2020, au plus tard, ce qui implique que 2.655 salariés pourraient perdre leur emploi pour la fin mai 2020 et devoir être au chômage. Cela équivaut à plus de 20.000.000 euros de pertes en marchandises, stock, manque à gagner, etc. pendant la période d’état de crise COVID-19. Pourtant les aides existent, et ces structures y ont fait appel. 78,9% des indépendants ont fait appel à l’aide non-remboursable de 5.000 euros, 8,9% des indépendants ont fait appel à l’aide d’Etat remboursable jusqu’à 500.000 euros, tandis que 28,2% des indépendants ont demandé un moratoire ou une suspension de paiement des échéances de leur crédit(s) auprès de leur banque. 25,2% des indépendants ont demandé la suspension de leur loyer et 2,6% des indépendants ont fait appel à des dons.

80% vers les aides non-remboursables

Il ressort de manière très évidente que près de 80% des indépendants se tournent logiquement vers des aides non-remboursables afin d’éviter de s’endetter et que seulement 8% considèrent avoir la capacité financière à rembourser une aide dans les années à venir.

Avec l’afflux de demandes, l’Etat a été un peu dépassé par les événements. Au moment de l’enquête, 72% des indépendants n’avaient toujours pas obtenu de réponse en rapport à l’aide non- remboursable de 5.000 euros. Lors de l’enquête, 74% des indépendants n’avaient toujours pas obtenu de réponse en rapport à l’aide remboursable jusqu’à 500.000 euros. Également dans le cadre de cette aide, il a été constaté qu’un mois après le début de la proclamation de l’état de crise COVID-19, les indépendants ne savent toujours pas s’ils pourront survivre au-delà du mois d’avril.

Petite lueur d’espoir, près de 50% des suspensions de loyer qui ont été demandées par les indépendants ont obtenu un écho positif et seulement une minorité de près de 16% ont essuyé un refus de la part de leur propriétaire. Pour les auteurs de l’enquête, «le Gouvernement devrait donc établir un cadre légal et fiscal en faveur des propriétaires pour en retour pouvoir plus aisément accorder des suspensions de loyer».

Si les entreprises et les indépendants interrogés ont plébiscité des aide aides exceptionnelles et des réductions de cotisations sociales mensuelles, ces derniers s’inquiètent fortement pour leur avenir. Ainsi, à la mi-mai 2020 près de 55% des indépendants, Startups et PME consultés estiment qu’ils devront mettre un terme à leur activité voire seront confrontés à une situation de faillite. Plus inquiétant, ce nombre de 55% monte à 72,5% à la fin mai pour atteindre de manière extrêmement inquiétante plus de 85% des indépendants, Startups et PME à la fin juin. «Il est évident que la procédure d’attribution d’aide trop longue met en péril la survie de l’économie», estiment les auteurs du sondage.