LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Le patronat européen sensibilise aux enjeux des élections du 26 mai

A deux mois des élections européennes, le patronat européen fourbit ses armes et se lance dans un tour des capitales de l’UE pour y faire entendre sa voix. «Il est important de montrer que les entrepreneurs sont pro-européens», a souligné jeudi à Luxembourg Pierre Gattaz, président de BusinessEurope. Invité par la Fedil, l’ancien président de l’organisation patronale française Medef a pris les rênes l’an dernier de la principale organisation faîtière des entreprises du vieux continent. Son objectif? Appeler les citoyens et les entrepreneurs à voter «pour des partis pro-européens responsables». «On ne va pas soutenir un parti en particulier», a insisté Pierre Gattaz.

Entre une croissance économique au ralenti et un Brexit qui s’éternise, le contexte est très délicat pour l’UE. BusinessEurope a donc décidé de mener un coup de sonde auprès de ses membres et de quelques pays «amis» soit 40 fédérations patronales différentes, dont la Fedil au Luxembourg. En résulte une analyse des forces et faiblesses présentée jeudi. Qu’il s’agisse du marché unique, de la monnaie unique ou de la libre circulation: ces éléments tiennent à cœur la majorité des répondants. Mais ceux-ci se montrent préoccupés par les tendances populistes qui pourraient affecter les quatre libertés fondamentales de l’UE.

«Pour l’Europe il nous manque cruellement une ambition de ce qu’on veut faire dans les prochaines années», regrette Pierre Gattaz. Son organisation a donc publié ses priorités à l’horizon 2030. Elle en conclut que l’art de vivre européen est unique, que les activités économiques y contribuent, que cet art de vivre se retrouve défié par des changements à la fois globaux mais aussi en matière d’activités économiques, qu’il faut transformer ces défis en opportunités et que ce n’est que dans un contexte où les bonnes conditions sont en place que les affaires peuvent se développer.

«Sans les entreprises, il n’y a pas d’emploi, pas d’impôts, pas de revenus», synthétise le président. «Agir ensemble et de concert au sein de l’Union européenne est une nécessité absolue».

Le Brexit, cet élément perturbateur

Reste que le Brexit fait de l’ombre à tout ce discours. Le directeur général de BusinessEurope, Markus J. Beyrer, a d’ailleurs souligné: «Il faut éviter que le Brexit se finisse en un désastre». L’Autrichien en appelle à un Brexit coordonné avec une phase de transition. «On est pour une prolongation qui soit la plus courte possible mais assez longue pour régler les problèmes».

La feuille de route du duo comporte 27 capitales européennes. «Pour l’instant, il ne semble pas que les Britanniques voteront aux européennes. Mais s’ils votent, on ira volontiers» à Londres, a déclaré Markus J. Beyrer. «Quoi qu’il arrive, il faudra qu’on travaille avec les Britanniques», a embrayé Pierre Gattaz. Ce n’est pas parce qu’on n’est plus alliés qu’on n’en demeure pas voisins.


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