LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Anna Radulovski accompagne les entrepreneurs via le programme du Founder Institute

Cela fait un an à peine qu’elle a posé ses valises au Luxembourg et elle connait déjà le pays comme sa poche. Anne Radulovski est ce qu’on appelle une «serial entrepreneuse». De l’Ukraine d’où elle est originaire, à la Bulgarie où elle a développé le réseau «Coding girls», elle a toujours eu le gène de l’entrepreneuriat dans le sang.

Ce n’est pas votre première aventure entrepreneuriale, comment avez-vous démarré?

ANNA RADULOVSKI Ma formation est dans l’éducation, mais j’ai toujours eu soif d’apprendre et d’explorer de nouvelles choses. J’ai développé un business de vente de vins bulgares, qui a bien marché. Et parallèlement je me suis intéressée au réseau Coding Girls, qui pousse les jeunes filles à travers le monde à se mettre au code, je suis devenue de fait curieuse des technologies, donc j’ai commencé à organiser des ateliers pour les filles, des conférences. La recherche de talents est globale, les entreprises ont forcément besoin de femmes. La communauté s’est agrandie, même si cela a pris du temps de tout mettre en place.

Cela fait un an que vous êtes au Luxembourg, comment avez-vous appréhendé ce nouveau marché?

RADULOVSKI J’étais venue visiter le Luxembourg pour découvrir le pays, ressentir un peu l’atmosphère et voir de moi-même avant de m’installer. J’avais eu aussi l’occasion de venir avec Coding Girls au «Arch Summit», ce qui m’a donné une bonne idée de ce qui se passe. J’étais déjà occupée avec différents projets, comme «Coding Girls», mais je voulais me pencher plus en détail sur l’économie luxembourgeoise et redonner dans un sens. Je crois que c’est en venant de l’extérieur que parfois on a une meilleure vue des choses, j’ai étudié l’écosystème local et vu ce qu’il manquait. Venant de l’extérieur, il y a toujours des choses à faire concernant l’innovation.

Comment avez-vous découvert l’aventure du Founder Institute?

RADULOVSKI A travers Coding Girls, une personne de mon entourage en avait fait partie et m’en a parlé. C’est quelque chose qui n’arrêtait pas d’être mentionné jusqu’à ce que je m’y intéresse vraiment. Je suis rentrée en contact avec la responsable de Sofia en Bulgarie pour mieux comprendre comment cela marche, si c’est vraiment strict etc. Au début c’était un projet en plus, mais le Founder Institute prend une bonne partie de mon temps!

Quelle est l’approche de ce programme?

RADULOVSKI En étudiant l’écosystème luxembourgeois, je me suis aperçue qu’il y a de plus en plus d’espaces dédiés, qu’il existe des choses comme la «House of entrepreneurship», mais il n’y a pas de soutien intensif à la création d’une entreprise comme c’est le cas pour le programme du Founder institute. C’est une approche différente des incubateurs qui existent déjà au Luxembourg, le Founder Institute est à l’origine américain, et cela se ressent dans le programme. Il est très exigeant avec un système de notation qui permet soit d’être à la hauteur, soit de ne pas réussir, la moyenne n’existe pas car ce n’est pas une bonne tendance de son travail. Cela permet de structurer sa pensée car l’on «pitch» beaucoup.

Vous avez démarré le premier programme cette année, en quoi cela consiste?

RADULOVSKI Le programme s’est en effet fini le 13 juin dernier, après 14 sessions sur trois mois et demi. Il accompagne l’entrepreneur dès l’idée de démarrer une société. Les candidats doivent «pitcher» leur idée à trois mentors expérimentés qui leur donnent un retour pour les faire avancer. Sur 210 candidats, 35 fondateurs ont commencé, seuls 10 ont fini le programme, le taux d’abandon est assez élevé car certains s’aperçoivent en cours de route que ce n’est finalement pas le moment idéal pour démarrer sa société, et plus simplement certains ne sont pas faits pour ça, c’est bien de le savoir assez vite!

Qui sont les personnes que vous visez à travers ce programme?

RADULOVSKI La cible, ce sont les gens qui ont 35 ans en moyenne. Ils ont 10 à 15 ans d’expérience dans leur domaine, mais ils en ont assez d’être salarié et veulent faire autre chose de leur vie. C’est en général pour eux le bon moment.

Avec votre expérience chez Coding Girls, est-ce que vous comptez mettre en avant les entrepreneuses?

RADULOVSKI Nous n’avons pas de politique dans ce sens, mais il est clair que je pousse pour qu’il y ait plus de fondatrices et de mentores, notamment en me rendant à de nombreux événements pour repérer les talents et leur expliquer à quel point il est important d’avoir des modèles féminins. Il n’y a pas plus d’obstacles pour les femmes qui veulent démarrer leur entreprise, même si les événements «business» sont clairement encore très masculins, cela peut être intimidant.

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